WEF 2018

Macron et Merkel à l’unisson en attendant Trump

A Davos, le président français et la chancelière allemande ont mis en garde contre le danger que représentent le protectionnisme et le repli sur soi

Vers un nouveau contrat mondial. Mercredi à Davos, le président français Emmanuel Macron a milité devant le parterre comblé du Forum économique mondial pour un «nouveau contrat mondial» permettant de «redonner du sens à la mondialisation». Plusieurs fois, il a été interrompu par des applaudissements.

Dans un discours bilingue parsemé d’allusions plus ou moins directes à Donald Trump – il a redit son slogan «Make the planet great again» – le jeune chef d’Etat a soutenu qu’il n’y avait de solutions que multilatérales. Terrorisme, climat, fiscalité… Il est dangereux de répondre à ces problèmes par une fermeture et un discours nationaliste, a-t-il mis en garde.

«France is back!» Le discours d’Emmanuel Macron a logiquement séduit les hommes d’affaires présents dans la station grisonne. Car si, pendant un temps, l’Hexagone «interdisait à ses entreprises de rater, mais leur interdisait également de réussir», les choses ont maintenant changé. La France se voit aujourd’hui comme un pays d’entrepreneurs. «Et pour qu’elle retrouve sa place dans la compétition mondiale, je pense que la condition c’est que l’Union européenne soit plus forte», a-t-il assuré, sans prompteur et en improvisant de larges tranches de son discours.

Berlin veut poursuivre sur la voie de la mondialisation

Quelques heures plus tôt, l’autre vedette du jour, la chancelière allemande Angela Merkel, avait peu ou prou tenu un discours dans la même tonalité en ce qui concerne les grands enjeux: ouverture et poursuite sur la voie de la mondialisation. Une manière pour Berlin de montrer également son opposition à Donald Trump. «Le protectionnisme n’est pas la solution», a-t-elle ainsi martelé. Avec encore le dirigeant italien Paolo Gentiloni sur la même longueur d'ondes, à coup sûr, les Européens affichent désormais une solidarité à toute épreuve face à Donald Trump. Tout semble d’ailleurs fait pour souligner le contraste avec le discours attendu vendredi sur «America First».

Mais le président américain n’est pas seulement protectionniste, il est également climatosceptique. Ce qui a permis à Emmanuel Macron cette dernière touche d’humour: «Le plus grand paradoxe de Davos, c’est que l’on parle de globalisation et d’ouverture des frontières dans un endroit littéralement coupé du monde par la neige. Cela pourrait d’ailleurs être compliqué de défendre ici le réchauffement climatique; mais heureusement, vous n’avez invité personne qui est ouvertement climatosceptique…» La salle était conquise.

Le troisième pilier européen attendu à Davos, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, a, lui, annulé son voyage à Davos en raison d’une grippe intestinale, ainsi que l’a confirmé mercredi le porte-parole de la Commission. Il devait notamment rencontrer jeudi Bill Gates ou Benyamin Netanyahou, mais aucun rendez-vous n’avait été fixé avec des représentants du Conseil fédéral.

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