Bernard Madoff plaidera coupable des 11 chefs d’accusation à son encontre, a indiqué son avocat hier, lors d’une audience préliminaire. Le procès pénal s’ouvre demain jeudi à la cour fédérale de New York, pour cet homme d’affaires, dont le jeu de l’avion financier s’est effondré avec la crise, provoquant la perte de 50 milliards de dollars pour ses investisseurs.

L’homme de 70 ans passera peut-être le restant de ses jours en prison, puisque le procureur Marc Litt a dit vouloir requérir 150 ans d’emprisonnement à son encontre, écartant toute possibilité de négociation ou de clémence. Selon des experts du droit cités par le Wall Street Journal, l’ex-financier devrait écoper d’une peine avoisinant plutôt les 20 ans, ce qui, pour un homme de son âge, revient à une condamnation à vie.

Une procédure judiciaire particulière évitera à Bernard Madoff de se présenter devant un jury, et le juge émettra directement sa sentence, qui cependant ne sera connue que dans plusieurs mois.

Les documents publiés hier par l’accusation détaillent comment Bernard Madoff a, depuis le début des années 1980, méthodiquement et à large échelle, escroqué plusieurs milliers d’investisseurs et utilisé leur argent pour manipuler des cours en bourse. L’argent frais de ses nouveaux clients servait à payer des rendements invraissemblables aux anciens. Il est aussi accusé d’avoir facilité des opérations de blanchiment d’argent et d’avoir menti systématiquement, à ses investisseurs et aux autorités financières entre autres, sur la base de faux documents.

Si les procédés frauduleux y sont très détaillés, ces documents laissent encore ouvertes de nombreuses questions, dont notamment le volet financier. On ne sait toujours pas combien d’argent les investisseurs ont effectivement perdu dans l’affaire et quelle est la part de son escroquerie qui a profité personnellement à Bernard Madoff.

Néanmoins, l’accusation cherchera à obtenir la restitution de 170 milliards de dollars de profits illégaux, un montant qui se base sur une estimation de tout l’argent qui aurait été investi dans les fonds de Bernard Madoff durant la période en cause. Il est entendu que Bernard Madoff, bien que très riche, ne dispose pas de cette somme. Mais toujours selon le Wall Street Journal qui cite des experts, le procureur avance le montant le plus élevé possible afin de pouvoir récupérer le maximum.