Excellent. Super. Très bien. Extraordinaire, ou encore fantastique. Pierre Besson a pris des airs de dictionnaire des synonymes, ce mardi, à l’occasion de la présentation du bilan intermédiaire de la troisième saison du Magic Pass. A Lausanne, devant la presse, le président de la coopérative et directeur de Télé Villars-Gryon-Les Diablerets, s’est félicité des résultats record qui ont été atteints… par certaines des stations membres du Magic Pass.

L’exercice 2019-2020 est certes un succès: plus de 135 000 forfaits vendus (+30%), 2,86 millions de journées skiées enregistrées fin février et un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions de francs. Mais ce n’est pas grâce à tout le monde. «La Suisse romande est coupée en deux, signale Pierre Besson. La faute à un hiver capricieux du côté des stations de l’Arc jurassien, de la Riviera vaudoise et de Fribourg.» Cette année, pour la première fois depuis l’existence du Magic Pass, le fonds de solidarité sera donc activé. Quelque 800 000 francs seront distribués à une dizaine de domaines qui ont particulièrement souffert du manque d’or blanc.

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Mais le nombre réduit de journées d’ouverture dans ces stations de plus basse altitude a eu un effet collatéral. Il a bénéficié à la fréquentation de celles des Alpes vaudoises et valaisannes. «Bien sûr, nous avons besoin d’un manteau neigeux copieux, mais pas trop quand même. Ce qui compte le plus, c’est le soleil.» Et cet hiver, les journées de ciel bleu, elles, n’ont pas manqué.

Des bains en plus

Si le Magic Pass continue de voir ses chiffres progresser, c’est aussi parce qu’il a enregistré l’arrivée d’un nouveau membre d’importance et, qui plus est, de haute altitude: Saas Fee. «Ils ont fait une bonne saison, ils sont ravis de nous avoir rejoints, assure Pierre Besson. La fin de saison devrait leur permettre d’atteindre leurs objectifs.»

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La confiance règne. Parce que Saas Fee semble en mesure de limiter les conséquences de la sortie de Crans-Montana. Une estimation a même déjà été réalisée. L’objectif pour le Magic Pass version 4, c’est 120 000 forfaits. Soit environ 15 000 de moins que pour la saison actuelle, sachant que «Crans-Montana en représentait 26 000», selon Sébastien Travelletti, administrateur de la coopérative.

Par ailleurs, l’offre s’étaye encore puisque la Robella, dans le Val-de-Travers (NE), rejoint le Magic Pass. Lequel met également sur pied un abonnement à une dizaine de bains thermaux et piscines dans les stations membres, pour 249 francs. Le prix de vente du forfait de ski, lui, reste fixé à 399 francs jusqu’au 6 avril.


Ni le froid ni l’altitude ne tuent le coronavirus

Le sèche-cheveux, l’ail, l’alcool, la cocaïne et même l’urine d’enfants… Parmi les fausses bonnes idées évoquées ces dernières semaines sur les réseaux sociaux pour se protéger, voire éliminer le coronavirus, il en est une qui est moins farfelue que les autres: le froid et l’altitude.

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Mais la réponse est, comme pour les autres, non, selon les informations diffusées par l’Organisation mondiale de la santé. Le virus se transmettant par le biais de gouttelettes de salive ou de sécrétions nasales, il n’est pas importuné par le froid extérieur, car il peut se développer sur notre corps, dont la température demeure à 36,5 ou 37 degrés, quel que soit le climat.

S’évader à la montagne ne sert donc pas à mieux se protéger du coronavirus. Du moins pas physiquement. En revanche, à condition de respecter les mêmes mesures de précaution qu’en plaine (lavage des mains, tousser dans le pli de son coude, éviter les rencontres dans des espaces confinés…), une journée au grand air, avec ou sans skis, peut aider mentalement. A se distancier, ne serait-ce que pour quelques heures, de la psychose ambiante qui s’installe peu à peu à toutes les altitudes. S. P.