Lu ailleurs

Quand la magie du chocolat suisse commence à fondre 

Selon le «Financial Times», les consommateurs aiment de plus en plus le chocolat artisanal et privilégient la qualité à la quantité. Lindt & Sprüngli doit s'adapter

Si les cloches et les œufs en chocolat restent des valeurs sûres en cette période pascale, le thème bestiaire semble avoir plus que jamais inspiré les chocolatiers en 2017. Lapins, poules, chouettes, poissons, agneaux voire souris se retrouvent sur les étals des supermarchés.

Pourtant, selon un article paru le 13 avril dans le Financial Times et consacré à l’industrie suisse du chocolat, «la magie commence petit à petit à fondre», notamment pour les groupes industriels tel Lindt & Sprüngli. Le contexte est marqué par le prix élevé des fèves et du beurre de cacao, des marchés du chocolat stagnants – voire en déclin – et un climat de consommation morose.

Les habitudes alimentaires ont aussi changé. A Pâques, certains préfèrent offrir des lapins en peluche ou en plastique plutôt qu’en chocolat, conscients des effets néfastes du sucre. Quant à ceux qui perpétuent la tradition chocolatée, ils privilégient souvent la qualité à la quantité. Ils se tournent de plus en plus vers des créations artisanales et évitent ainsi de se retrouver avec une basse-cour qui terminera l’année au fond d’un tiroir, périmée et estropiée d’une patte ou d’une oreille.

Chocolat noir et sain

Dans ce contexte, le Financial Times évoque le risque de perte d’image pour la Suisse, alors que «le chocolat fait partie de la tradition helvétique, au même titre que les vaches ou les montres de luxe, écrit Ralph Atkins. Une tradition de plus de 200 ans.»

Selon les prévisions d’Euromonitor, les ventes globales de chocolats devraient progresser de seulement 2% cette année, face notamment à la décélération des marchés américain et britannique mais aussi des marchés chinois, indien et brésilien.

Pourtant, Lindt & Sprüngli reste confiant. L’an dernier, le groupe a enregistré un bénéfice net en hausse de 10,2% à 419,8 millions de francs et les ventes annuelles se sont montées à 3,9 milliards de francs, en hausse de 6,8%. A Pâques, le groupe perpétue inlassablement sa tradition avec son lapin entouré d’une feuille d’aluminium doré et d’un nœud rouge, serti d’une petite clochette. Le groupe établi à Kilchberg (ZH) vend son «lapin d’or» depuis 1953 dans soixante pays et en produit plus de 140 millions chaque année.

Pour 2017, le contexte ne devrait pas changer, estime le nouveau directeur du groupe, Dieter Weisskop. A plus long terme, les objectifs de croissance organique entre 6-8% sont maintenus. Le groupe pourrait notamment bénéficier du regain d’intérêt des consommateurs pour le chocolat noir, considéré comme un aliment sain et bon pour le système cardio-vasculaire. «Des pays comme la Chine qui n’ont pas encore de tradition en matière de consommation de chocolat devrait s’y mettre à moyen terme», dit-il, cité par le journal britannique.

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