Design

En mains indiennes, Pininfarina s’initie aux objets connectés

Spécialiste de l’informatique, l’Indien Tech Mahindra veut profiter des compétences de design de la société italienne, complémentaire à ses propres compétences de fonctionnalités. Le groupe avait aussi racheté une société suisse il y a un an

Le mariage d’un géant indien de l’informatique et de l’icône du design automobile italien? Une alliance logique, assure Atul Kunwar, président et responsable de la technologie au sein du groupe Tech Mahindra, rencontré au Forum économique mondial (WEF), à Davos (GR). Les liens avec Pininfarina, dont le rachat a été annoncé en décembre dernier, sont plus stratégiques qu’il n’y paraît.

Tech Mahindra fait partie du même groupe que Mahindra & Mahindra, spécialiste indien de l’automobile, qui a participé à l’opération d’un montant de 168 millions d’euros (186 millions de francs). Pourtant, «les voitures ne sont qu’une facette des projets que nous avons», explique le responsable. «Pininfarina, c’est 80 ans de créativité dans beaucoup plus de domaines. La société a obtenu sa notoriété grâce à une vaste gamme de produits. Les purificateurs d’air 3M, c’est aussi Pininfarina», rappelle Atul Kunwar. Moins marquant que les Ferrari dans l’imaginaire collectif, certes, mais utile.

«Nous sommes très forts dans la fonctionnalité des produits, Pinifarina l’est dans l’élégance, d’où l’intérêt de notre rapprochement.» Et le responsable de citer les «cuisines intelligentes», dont la plateforme serait confiée aux informaticiens indiens et l’apparence aux designers italiens. «Cela va donc bien au-delà des voitures», insiste-t-il. Mahindra travaille aussi dans la Silicon Valley à la mise au point de scooters intelligents, pour lesquels les responsables comptent sur l’apport de Pininfarina, alors que Tech Mahindra a fini d’élaborer l’interface informatique.

Le rachat de Pininfarina n’est pas le premier pas de Tech Mahindra en Europe. La société, fondée il y a 25 ans et qui compte plus de 100 000 employés dans 90 pays, est déjà implantée dans plusieurs régions du continent, en particulier la Grande-Bretagne. Elle cherche par ailleurs à se développer en Allemagne et dans les pays du Nord. Au total, le spécialiste de l’externalisation informatique a généré 4 milliards de dollars de revenus l’an dernier.

Le groupe est également présent en Suisse, où il a renforcé sa présence il y a un an avec l’acquisition de Sofgen, une société spécialisée dans l’informatique bancaire à Genève. «La société est restée indépendante, l’idée n’était pas de l’intégrer complètement dans Tech Mahindra mais de profiter de son expertise et de lui mettre notre réseau mondial à disposition», a expliqué Atul Kanwar.

L’ingénieur se dit ravi des développements en cours: «L’activité progresse bien, et il faut être présent dans ce marché qui subit plusieurs formes de disruption.» Au total, environ un millier de personnes travaillent pour le marché suisse – entre 200 et 300 employés sont basés dans le pays. Tech Mahindra, qui travaille notamment pour Nestlé, se concentre aussi sur le marché de la pharma, des produits de consommation, et désormais, avec Sofgen, sur l’industrie bancaire.

En lien avec la Suisse, elle a aussi conçu la plateforme informatique que la Fifa a utilisée pour l’organisation de la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud.

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