Affecté et très fâché, le maire de Moutier, Maxime Zuber. Pas tant contre l'entreprise Tornos, mais contre la Confédération et le canton de Berne, insensibles à ses yeux aux difficultés du fabriquant de machines-outils prévôtois et des industriels de la mécanique de l'Arc jurassien. «Nous ressentons un douloureux sentiment d'injustice face à la politique bernoise et fédérale, qui favorise les secteurs primaire et tertiaire et délaisse le secondaire. A croire qu'on privilégie les banques, l'aviation et le fromage, au détriment de l'industrie mécanique et de l'horlogerie.»

«Une Exposition nationale déjantée et inutile»

S'appuyant sur l'alinéa 2 de l'article 100 de la Constitution fédérale, qui prévoit que «la Confédération prend en considération le développement économique propre à chaque région», le maire de Moutier avait écrit au Conseil fédéral en automne 2001 pour réclamer une égalité de traitement entre Swissair et Tornos. Son appel est resté lettre morte. «Cette même Confédération s'apprête à voter une rallonge de 100 millions pour une Exposition nationale déjantée et inutile. Tornos a dû supprimer 150 emplois pour réduire son budget de 25 millions. 100 millions, ça représente le salaire des 150 personnes mises sur le carreau pendant quatre ans.» Maxime Zuber est très remonté également contre le Conseil d'Etat bernois. «Sa majorité UDC vient de débloquer 12,5 millions pour Swiss Dairy Food. Et rien pour le Jura bernois. Incohérence et flagrante injustice.» Pour le maire de Moutier, les pouvoirs publics doivent soutenir «le tissu industriel de l'Arc jurassien, en danger, qui fait pourtant la notoriété de la précision suisse. Il lancera un «Xe appel à Elisabeth Zölch et à Pascal Couchepin, qui finiront bien par prendre les choses au sérieux».