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La maison mère de Snapchat en route vers Wall Street

Forte d’un chiffre d’affaires de 404 millions de dollars en 2016, l’entreprise Snap se fixe pour objectif de lever jusqu’à 3 milliards de dollars pour son entrée en bourse

Snap, la maison mère de la populaire messagerie mobile Snapchat, a officialisé jeudi son très attendu projet d’entrée en Bourse, qui s’annonce comme l’un des plus gros lancements à Wall Street depuis celui du chinois Alibaba en septembre 2014.

Dans le document publié jeudi sur le site internet du gendarme boursier américain (SEC), Snap se fixe l’objectif provisoire de lever jusqu’à 3 milliards de dollars.

Ce montant sert uniquement pour l’instant à calculer des frais d’enregistrement et il évoluera quand le nombre exact de titres et leur prix d’introduction seront fixés. Mais le fait qu’il se chiffre en milliards donne déjà une idée de l’importance de l’opération. Les médias ont estimé que Snap pourrait atteindre une valorisation comprise entre 20 et 25 milliards de dollars.

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Un chiffre d’affaires multiplié par 7 en un an

Et ses premiers pas sur le marché seront d’autant plus suivis qu’ils pourraient servir à prendre la température et peut-être convaincre d’autres candidats potentiels pour Wall Street, comme Airbnb, Spotify ou Uber par exemple. Ces start-up très en vue partagent en effet avec Snap des valorisations très élevées, dans lesquelles certains observateurs dénoncent une nouvelle «bulle» du secteur technologique.

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Snap, jusqu’ici très secret sur ses performances financières, a parallèlement levé le voile et confirmé une croissance explosive avec un chiffre d’affaires presque multiplié par sept l’an dernier, à 404 millions de dollars. Mais il accuse parallèlement une perte nette de 515 millions de dollars.

L’entreprise précise que la publicité est sa source quasi exclusive de revenus. Elle a d’ailleurs redoublé d’efforts ces derniers mois pour élargir son offre à destination des annonceurs, ce qui pourrait porter des recettes à près d’un milliard de dollars cette année, a estimé la société de recherche eMarketer.

Un contrôle effectif des cofondateurs maintenu

Vu le délai que l’entreprise doit désormais respecter avant d’entamer son «roadshow», la tournée officielle de présentation aux investisseurs qui précède l’entrée en bourse, Snap est désormais en position pour faire ses premiers pas sur le marché en mars.

Comme Twitter ou Alibaba avant lui, il va se lancer sur le New York Stock Exchange plutôt que sur la plateforme électronique Nasdaq, longtemps considérée comme une destination évidente pour les entreprises du secteur technologique mais à la réputation écornée ces dernières années par une série de problèmes techniques.

Une autre décision surprenante de l’entreprise est son choix de mettre sur le marché des actions qui ne seront assorties d’aucun droit de vote. Cela permettra de maintenir le contrôle effectif de Snap aux mains de ses cofondateurs Evan Spiegel (directeur général) et Bobby Murphy (directeur technique), qui se partagent aujourd’hui 88,6% des droits de vote.

Les jeunes «Millénnials» comme utilisateurs

L’entreprise d’Evan Spiegel, basée à Venice en Californie, s’était rebaptisée Snap l’an dernier, au moment du lancement de lunettes connectées et équipées d’une caméra miniature («Spectacles»), afin de montrer qu’elle ne se limitait plus à un seul produit. Mais son actif phare reste Snapchat.

Le projet d’introduction précise que parmi les 168 millions d’utilisateurs quotidiens revendiqués par ce service de messagerie, la majorité a entre 18 et 34 ans. Et l’usage tend à diminuer avec leur âge: les plus de 25 ans y consacrent en moyenne vingt minutes quotidiennes, contre plus de trente minutes pour les moins de 25 ans.

Cela pourrait devenir un problème pour Snapchat, qui pour tenir sur la durée va devoir prouver qu’il n’est pas seulement un produit de niche pour jeunes «Millénnials», d’autant plus que de son propre aveu la concurrence déjà importante sur le marché où il opère «va continuer à s’intensifier».

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Dans l’immédiat, il est considéré par beaucoup d’analystes comme l’ennemi numéro un pour Facebook, qui avait d’ailleurs tenté sans succès de le racheter il y a quelques années, et a désormais entrepris de riposter en clonant certaines de ses fonctionnalités.

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