Temps sec en Europe, pluie aux Etats-Unis… Les aléas de la météo influencent diversement les résultats du premier producteur agrochimique mondial, mais c'est d'abord le maintien d'une politique rigoureuse de réduction des coûts qui a permis à Syngenta d'enregistrer une hausse de 18% de son bénéfice net hors éléments exceptionnels au premier semestre de cette année.

Les économies des six derniers mois portent à 446 millions le total réalisé depuis la fusion, en 2000, des secteurs agrochimiques de Novartis et d'AstraZeneca. Cela correspond à 70% de l'objectif fixé pour 2005. «Nous avons toujours été plus rapides que prévu dans ce domaine», note Heinz Imhof, président du conseil d'administration (lire ci-dessous). Le groupe bâlois, qui établit ses comptes en monnaie américaine, a aussi profité d'un impact des changes positif de 320 millions de dollars sur les six premiers mois, qui explique la hausse de 5%, à 4,1 milliards de dollars, du chiffre d'affaires. A taux de changes constants, les ventes ont reculé de 3%.

Le bénéfice net de 468 millions est largement supérieur aux attentes des analystes. En fin d'après-midi, l'action Syngenta s'appréciait de 2,2%, à 74 fr. 50 francs.

Dans sa principale division, la protection des cultures, Syngenta a cependant souffert d'une demande inférieure aux prévisions, en raison des conditions météorologiques défavorables en Europe. Aux Etats-Unis, les ventes d'herbicides pour le maïs ont pâti de la propagation de variétés pour lesquelles ils n'ont plus d'effets. En revanche, le chiffre d'affaires réalisé avec les insecticides a progressé de 3%, à 506 millions. La division des semences, où Syngenta est numéro trois mondial, a poursuivi sur sa lancée du 1er trimestre. De bons résultats ont été obtenus pour le maïs aux Etats-Unis et les tomates en Europe, notamment.

Sur le plan opérationnel, le groupe a vu son résultat d'exploitation avant impôts, intérêts et amortissements (EBITDA) gagner 6%, à 1,165 milliard de dollars, soit une marge en légère hausse (0,2 point), à 28,4%.

Selon le président de la direction, Michael Pragnell, le chiffre d'affaires au deuxième semestre devrait bénéficier de la forte progression des résultats en Amérique latine, qui seront toutefois contrebalancés par la récession qui continue d'affecter l'Europe et l'Asie. «Sur l'ensemble de l'année 2003, la priorité que nous continuons d'accorder à la gestion des prix et des coûts devrait permettre d'augmenter le bénéfice avant impôts et amortissements», dit-il.

Syngenta emploie 20 000 personnes dans 90 pays, dont 2700 en Suisse.