Le moins que l'on puisse dire, c'est que la formation continue a le vent en poupe. La Suisse compte moins de 20% d'universitaires, et les besoins sont importants. L'Université de Genève, d'ailleurs, parie clairement sur ce type de formation. Dernier-né de cette mouvance: un certificat bancaire en analyse et prévision des marchés, mis sur pied conjointement par le Centre International Fame, HEC Genève et HEC Lausanne. Il s'adresse en particulier à des gestionnaires, en cours d'emploi, qui travaillent sur les actions. Une licence universitaire est un atout précieux, mais pas indispensable. «Nous ne rejetons pas les professionnels qui ont une grande expérience du terrain. Cependant, notre programme demande des bases théoriques solides. Nous voulons fournir aux participants les outils les plus récents de l'analyse de marchés, afin de leur permettre d'évaluer les tendances et de mieux cibler leur stratégie de placement», explique Dusan Isakov, maître-assistant à l'Université de Genève et codirecteur du programme.

C'est en discutant avec des spécialistes en analyse technique - cette discipline qui prévoit les cours futurs des actions à partir des cours passés - que l'idée a germé dans le cerveau des initiateurs. Ils ont constaté un vide dans ce domaine. Le cours démarre en septembre à Genève, et comprend huit modules dispensés en anglais le vendredi après-midi et le samedi. Il aborde des thèmes comme la statistique, la gestion du risque, l'analyse de la performance, la finance comportementale, sujet à la mode s'il en est, et bien entendu l'analyse technique. Il comporte également un module macroéconomique afin de familiariser les participants avec l'impact d'annonces comme les chiffres du chômage. «Les professionnels sont submergés par une masse d'informations. Nos participants apprendront à dégager ce qui est pertinent pour l'évolution future des marchés», ajoute Dusan Isakov.

Originalité du programme: il inclut également un cours sur l'histoire des marchés. «Pour affiner notre projet, nous avons rencontré des praticiens. Presque tous ont souligné la nécessité de ce savoir historique. On le sait, les marchés ont la mémoire courte. Pourquoi ne pas la rafraîchir ?», demande le jeune codirecteur. Le bébé n'a qu'un mois, mais déjà les demandes de renseignements et d'inscriptions pleuvent. Magie du bouche à oreille oblige. Le certificat est international et ses initiateurs espèrent également attirer des candidats français, allemands et italiens. Cependant, afin de maintenir la qualité des échanges, le cours comprendra un maximum de 25 participants: «Il faut qu'une alchimie se crée entre étudiants et enseignants. Nous souhaitons que les participants acquièrent un savoir, mais également qu'ils amènent leur expérience et interagissent.»

Informations: http://mafm.unige.ch