Survêtement vert de chirurgien attaché dans le dos par deux ficelles, masque blanc recouvrant bouche et nez, plastique bleu autour des chaussures. Ce n'est pas le dernier épisode d'Urgence, mais la visite d'une des 190 jeunes pousses du Technopark de Zurich, l'incubateur de nouvelles entreprises dirigées depuis peu par Lesley Spiegel. Les locaux – environ 200 m2 – sont occupés par Symetis, start-up fondée en janvier 2001 par les professeurs Gregor Zünd et Simon Hoerstrup, chirurgiens cardiologues au sein du Département de chirurgie cardiaque de l'Hôpital de Zurich.

Spin-off de l'Université de Zurich, Symetis a reçu le prix «Pionier 2004» de la Banque cantonale de Zurich. La société est une biotech active dans le développement de valves cardiaques à partir de cellules du patient. Le processus de fabrication du produit comporte plusieurs étapes et dure de dix à douze semaines.

«Des cellules contenues dans les parois veineuses ou artérielles du patient sont prélevées. Elles sont ensuite cultivées dans un incubateur avant d'être disposées dans une matrice biodégradable. Cette dernière sert de support de croissance aux cellules. La matrice est ensuite placée à l'intérieur d'un bioréacteur qui simule les pulsations cardiaques. Ainsi, au bout de quelques semaines, ce système force les cellules à remplacer la matrice artificielle. Une fois la culture terminée, cette valve est fonctionnelle et prête à être implantée», explique Jacques Essinger, ex-patron d'Isotis et président du conseil d'administration de Symetis. L'expérience, effectuée pour la première fois en 2000 sur des animaux, a été un succès. «C'est sur cette base que Symetis a été fondée», ajoute Jacques Essinger.

Le produit novateur de la start-up est en phase de développement. Il est principalement destiné à des enfants souffrant de malformations congénitales. «Ce type de maladie se traite généralement par des opérations à cœur ouvert, de quatre à cinq durant la croissance de l'enfant. Les valves actuelles s'usent et doivent être changées régulièrement en fonction de la croissance. Principal problème: chaque intervention fait augmenter le risque de complication», explique Jacques Essinger. Dans certains cas, la mort.

Dans ce contexte, l'avenir de Symetis semble prometteur. Le marché global des valves cardiaques pour enfants est estimé à 21 000 cas par année. En octobre 2004, la start-up a obtenu un sacré coup de pouce. Lors de la deuxième ronde de financement, 12 millions de francs ont été levés par l'entreprise. Ils ont été apportés notamment par Novartis Venture Fund et le fonds de capital-risque zurichois Aravis Venture.

Financement réussi

«Cette ronde de financement est un succès grâce aux sociétés d'investissement renommées qui ont apporté leurs fonds. Cela va permettre à la compagnie de s'engager dans la phase de recherche clinique et d'accélérer le développement de la technologie de Symetis», relève Gregor Zünd dans un communiqué publié récemment.

Préoccupation du moment: trouver d'autres locaux qui permettront de développer des produits cliniques dans des conditions de bonne pratique en fabrication (ndlr.: normes GMP, «Good Manufacturing Pratice», sorte de norme ISO médicale). Ainsi, le nombre d'employés – actuellement sept – pourra être doublé.