Si la pandémie de Covid-19 a entraîné un essor bon gré mal gré des téléconsultations en médecine, elle n’a pas provoqué d’engouement pour les assurances santé Telmed. C’est le constat de comparis.ch publié dans un communiqué lundi. Le site a observé une stagnation des recherches pour ce type d’offre en analysant ses données entre le 1er et le 15 octobre sur une période de trois ans, alors que les Suisses ont jusqu’à la fin du mois pour changer d’assurance.

Ce modèle alternatif propose un rabais sur la prime par rapport à l’assurance de base standard mais, en contrepartie, le premier contact médical se fait obligatoirement en téléconsultation. Une contrainte qui explique le manque d’intérêt pour ces offres, selon Felix Schneuwly, expert Assurance maladie pour Comparis: «Aujourd’hui, environ 70% des gens ont une assurance avec une restriction, que ce soit Telmed, le médecin de famille ou le modèle HMO. La part restante est donc vraiment difficile à convaincre.»

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Chez les moins de 25 ans, Comparis a même constaté un recul des recherches pour ces offres. «C’est ce qui est le plus étonnant pour nous, reconnaît Felix Schneuwly. Nous pensions que ces offres ne poseraient pas de problèmes aux digital natives parce qu’ils sont habitués à utiliser ces outils de téléconsultation.» D’après le communiqué du site, 19,6% des 18-25 ans ont cherché des produits d’assurance Telmed contre 20,6% des plus de 25 ans.

Les limites de la télémédecine

Cette généralisation de la télémédecine pendant le confinement a aussi permis de mettre en évidence les limites de la pratique. «La psychiatrie en est un bon exemple, souligne Philippe Eggimann, le président de la Société médicale de Suisse romande. Les psychiatres ont fait énormément de vidéoconsultations, mais de temps en temps, il faut quand même une séance en présentiel.»

Le coût pour les médecins de l’équipement pour assurer ces rendez-vous à distance est un autre obstacle. Les solutions disponibles posent aussi parfois la problématique de la confidentialité et de la sécurité des données médicales. «Cette situation nous a obligés à avancer rapidement sur la question du dossier du patient électronique», précise Philippe Eggimann.

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Différents paramètres doivent donc être affinés avant une généralisation de la télémédecine alors que le passage obligatoire par un portail de santé fait partie du deuxième volet de mesures proposé par le Conseil fédéral cet été pour réduire les dépenses de santé. Pour Felix Schneuwly, cette réticence vis-à-vis des assurances Telmed montre que la proposition risque d’avoir du mal à obtenir une adhésion populaire.