Technologie

Malgré les crashs, les fabricants de voitures autonomes sont agressifs

Coup sur coup, une Tesla semi-autonome et une voiture autonome d’Uber ont été impliquées dans des accidents mortels. Des accidents qui ne découragent pas les constructeurs

Les fabricants de voitures autonomes et semi-autonomes sont sous pression. En l’espace de quelques jours, une voiture autonome testée par Uber a tué un piéton à Tempe (Arizona) le 19 mars, alors qu’un conducteur de Tesla perdait la vie le 23 mars lorsque sa voiture, en mode semi-autonome, percutait une glissière de sécurité en béton sur une autoroute près de Mountain View, en Californie. Sous le feu des critiques, les fabricants ont réaffirmé, ces derniers jours, leur intention de poursuivre le développement de leur technologie, présentée comme plus sûre que la conduite 100% humaine.

Cette semaine, le directeur d’Uber a pris la parole pour défendre sa stratégie. Les voitures autonomes «rendront au final le monde nettement plus sûr», a affirmé Dara Khosrowshahi. L’homme, pour qui les véhicules autonomes «sont une solution très importante pour se débarrasser de la possession de voitures», n’a cependant pas dit quand sa société reprendra les tests de véhicules sans conducteur. Rappelons qu’une Volvo autonome, dans laquelle avait pris place un ingénieur, qui n’était pas au volant, avait tué une femme qui traversait la route, de nuit, hors d’un passage piéton.

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Tesla défend son système

Tesla affiche quant à lui un visage plus offensif après l’accident mortel survenu en Californie. Le constructeur de voitures électriques a décidé jeudi de se retirer de l’enquête pour, affirme-t-il, communiquer librement concernant son système Autopilot de conduite semi-autonome. En face, le régulateur des transports américain a affirmé qu’il avait exclu lui-même Tesla de l’enquête. Tesla était considéré comme une «party status» par les autorités, ce qui lui donnait l’avantage de communiquer facilement avec les enquêteurs.

Quoi qu’il en soit, la stratégie de Tesla sera a priori la même que lors d’un précédent accident mortel, survenu en mai 2016: le conducteur s’est trop reposé sur Autopilot: non seulement il n’avait pas ses mains sur le volant (ce qui reste une obligation aux Etats-Unis), mais en plus il n’a pas réagi aux signaux d’alerte émis par le système avant le choc. Tesla a averti à plusieurs reprises ses clients de ne pas prendre Autopilot pour un système de conduite autonome.

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Association destinée à faire du lobbying

En parallèle, plusieurs acteurs du domaine, tels Cisco et l’éditeur de logiciels de cartes Esri, ont créé début avril une nouvelle association, l’Autonomous Vehicle Coalition, destinée à faire du lobbying pour ces véhicules. Waymo (filiale de Google), n’a pas encore annoncé sa participation à ce groupe. Mais son directeur, John Krafcik, avait en tout cas assuré sa foi en la conduite autonome quatre jours après le crash mortel lié à une voiture d’Uber: «Nous sommes certains que notre voiture aurait pu gérer cette situation. […] Nous avons conçu notre système pour gérer exactement ce type de situations.»

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