Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le président iranien, Hassan Rouhani lors de sa visite en Suisse, juillet 2018.
© Peter Klaunzer/Pool/Reuters ©

Diplomatie

Malgré Donald Trump, le mandat de la Suisse en Iran se renforce

Depuis 1980, la Suisse représente les intérêts américains en Iran. Ce mandat de puissance protectrice lui a permis de jouer un rôle proportionnellement plus important que son poids géopolitique. Berne doit utiliser le seul canal de communication restant pour relancer le dialogue

Depuis la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran en 1980, la Suisse représente les intérêts américains en Iran. Le mandat de puissance protectrice qu’exerce Berne a connu des hauts et des bas. Avec l’administration de Donald Trump qui s’est retirée en mai de l’accord sur le nucléaire iranien et qui semble faire du changement de régime l’un de ses objectifs, la Suisse se trouve au cœur d’un nouveau bras de fer entre la République islamique et les Etats-Unis. Après la présidence Obama, qui tendit la main à l’Iran pour conclure, en juillet 2015, avec cinq autres puissances, l’accord sur le nucléaire, c’est un retour en arrière, à «l’axe du mal» sur lequel le président américain George W. Bush avait placé Téhéran en 2002.

Lire aussi: Berne plie devant les Etats-Unis  

Un levier à utiliser

«Avec ces nouvelles tensions, le mandat de représentation de la Suisse devient de nouveau très important, explique une source bien informée. C’est le seul canal de communication qui reste entre les deux pays. A mes yeux, la Confédération devrait utiliser ce levier pour agir dans le sens du dialogue.» Le mandat exercé par Berne revêt une grande importance pour les Etats-Unis. Plusieurs milliers d’Américains vivent toujours en Iran, certains dans des conditions difficiles.

Professeur émérite de l’Institut de hautes études internationales et du développement, Mohammad-Reza Djalili le souligne: «Face à l’impasse dans laquelle risquent de mener les sanctions américaines à venir, l’opinion publique iranienne est favorable à une prise de dialogue direct avec les Etats-Unis. Dans une lettre publiée le 16 juin, une centaine d’intellectuels iraniens appellent de leurs vœux un tel dialogue.» Dans ce contexte, la Suisse pourrait encourager une telle reprise de contact.

Mais on en est très loin. «Après le retrait américain de l’accord, les Iraniens sont blessés dans leur orgueil. Je vois mal comment ils seraient prêts à dialoguer avec l’Amérique. Ils attendront sans doute d’être confrontés à d’énormes pressions pour bouger», relève un expert occidental basé en Iran.

Un poids accru pour la Suisse

Le mandat de représentation des intérêts américains en Iran a permis à la Suisse de jouer un rôle plus important que son poids géopolitique. A partir de 2006, elle a eu accès aux présidents iraniens, aux hauts responsables du Département d’Etat américain, aux chefs de la diplomatie européenne Javier Solana puis Federica Mogherini, ainsi qu’aux responsables de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Autre carte dans le jeu suisse: elle représente depuis cette année les intérêts iraniens en Arabie saoudite et les intérêts saoudiens en Iran.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)