«De toutes les grandes régions viticoles au monde, c'est celle qui offre le meilleur rapport qualité-prix» écrit le critique de vin américain Robert Parker dans son guide sur les vins de la vallée du Rhône. Depuis quelques années, les Côtes-du-Rhône, qui exportent un tiers de leur production, ont déployé des efforts considérables pour se bonifier. Résultat: plus de 468 millions de bouteilles de vins d'appellations d'origine contrôlées (AOC) de la vallée du Rhône ont été vendus en 1998, constituant un record historique. Avec environ 16 millions de cols, la Suisse est le deuxième marché à l'exportation après celui du Royaume-Uni (21 millions de bouteilles) pour les Côtes-du-Rhône et ses cinq appellations périphériques1. La consommation de vin en Suisse, qui est en croissance régulière depuis 1950, accorde un satisfecit aux crus français qualifiés de «meilleurs mais plus chers» que leurs concurrents, notamment espagnols et italiens, selon une enquête réalisée, l'an dernier, par le cabinet genevois de relations publiques Rochat, Delacretaz & Partners. Dans un classement des vins rouges, les vins des Côtes-du-Rhône font partie du trio de tête 2 car, selon l'étude, les consommateurs suisses ont pour ces vins «un attachement traditionnel». Intéressant quand le prix de vente augmente depuis trois ans dans la Confédération. A cet égard, les vins représentent 14% du chiffre d'affaires de la restauration, avec un essor des bouteilles de 50 cl. Pour les particuliers, Coop se taille la part du lion (31,9%).

Les bonnes notes distribuées par Robert Parker auraient stimulé les exportations, ces dernières années, selon Inter Rhône, le comité professionnel des Côtes-du-Rhône représentant 8000 exploitations. Second vignoble français par sa superficie avec 77 000 hectares, la part à l'export a augmenté de 9% en 1998.

Bond au Japon

Le Japon a connu le plus important bond avec 120%. Tandis que le volume (4 millions de cols) peut être encore davantage amélioré. En revanche, les ventes aux Etats-Unis ont baissé de 7% en raison notamment de la hausse du dollar américain. La courbe du marché français connaît pour sa part une légère progression (3%). Les plus grands domaines des Côtes-du-Rhône (Chapoutier, Guigual, Jaboulet, etc..) exportent grosso modo 75% de leur production, notamment vers les pays anglo-saxons, l'Asie du Sud-Est et la Suisse. «Parker, qui a été le premier critique étranger à s'intéresser à nos vins, a souligné leur qualité à des prix compétitifs. Avec la crise économique, il y a eu une demande. Un Hermitage vaut 50 francs suisses. A qualité identique, pour un Bordeaux, il faut viser des 1er ou 2e crus classés coûtant 150 FS» assure Michel Chapoutier, producteur des Côtes-du-Rhône à Tain-l'Hermitage (Drôme). En tout cas, les bons points distribués par Parker n'ont apparemment pas suscité une flambée des prix.

1 Costières de Nîmes, Côtes-du- Ventoux, Coteaux du Tricastin, Côtes-du-Luberon, Vins de Die.

2 Le plus connu par les clients suisses sont le Châteauneuf-du-Pape suivi du St-Joseph, Hermitage, Crozes-Hermitage.