Leader mondial dans les escaliers roulants et numéro deux dans les ascenseurs (plus de 700 millions de personnes les utilisent chaque jour), le groupe Schindler a annoncé mardi un bénéfice net pour l'exercice 2000 en hausse de 25,6% à 299 millions de francs. Ce qui dépasse légèrement les attentes du marché. Après intérêts minoritaires, la progression du bénéfice se limite toutefois à 17,4%. Grâce notamment à un meilleur résultat financier (+15,7%) mais qui se traduit toujours par une perte, réduite à 48 millions de francs. Les résultats de l'exercice écoulé ont été marqués pour Schindler par deux grandes déceptions. La première concerne la mauvaise performance, déjà connue (Le Temps du 2 mars), de sa filiale informatique Also, dont le bénéfice net à été divisé par six sous le poids de l'effondrement des affaires système. Mais ce n'est pas tout, le groupe Schindler a également dû constituer une charge exceptionnelle de 36 millions de francs (pertes opérationnelles, restructurations) à cause des problèmes rencontrés par sa coentreprise, avec l'Etat chinois, China-Schindler Elevator (CSE) qu'elle contrôle à 65%. Enfin, la fermeture à fin 2001 de son usine de Schlatt (TG) entraîne une charge exceptionnelle de quelque 8 millions de francs.

Nouveau défi

Conséquence: l'objectif de 7% de marge d'exploitation pour la division des escaliers roulants et ascenseurs n'a pas été réalisé. La marge en question n'en a pas moins pu être améliorée à 6,3% (5,7% en 1999). Abstraction faite des charges précitées, l'objectif est toutefois quasiment atteint puisque la marge s'établit à 6,9%, ainsi que l'a souligné Alfred N. Schindler, le président du conseil d'administration du groupe Schindler, lors de la conférence de presse qui s'est tenue mardi à Lucerne. Celui-ci lance d'ailleurs un nouveau défi en fixant un objectif de marge opérationnelle de 10%, «mais pas pour cette année». Au niveau de l'ensemble du groupe, l'accroissement de 10,5% du bénéfice d'exploitation (à 422 millions de francs) implique une stagnation de la marge opérationnelle à 4,9% (5,0%). Alors que les effectifs du groupe se sont tassés à 43 334 personnes. Schindler affiche en outre une belle croissance de sa capacité financière puisque le cash-flow a bondi de 26,7% à 417 millions de francs l'an dernier. Pour un chiffre d'affaires en hausse de 11,4% à 8,53 milliards de francs, due pour moitié à la croissance interne. Là aussi, Alfred Schindler pousse la barre un peu plus haut puisqu'il se fixe désormais un objectif de 10 milliards de chiffre d'affaires en 2002. Il pourra alors se flatter d'avoir multiplié par 10 les ventes du groupe depuis son arrivée. En attendant, il ne table que sur une légère amélioration du bénéfice net en 2001, compte non tenu des éléments extraordinaires. Or à ce chapitre, l'exercice 2001 sera marqué par une plus-value – purement comptable (due au passage à IAS12) et sans effet sur les liquidités – de 100 millions de francs. Les attentes de Schindler se veulent donc prudentes. Elles sont basées sur un «scénario du pire» dans la résolution du problème de CSE en Chine. Où de nouvelles charges exceptionnelles sont attendues.

Réduire la valeur nominale

du titre

Les perspectives se présentent d'ailleurs assez bien puisque les commandes du groupe se sont accrues l'an dernier de 14% à 8,75 milliards de francs. Dans les ascenseurs, la hausse a aussi été de 14% à 6,852 milliards.

Dans ce contexte, le conseil d'administration de Schindler proposera aux actionnaires le versement d'un dividende de 50 francs par titre, assorti d'un remboursement de valeur nominale de 35 francs avec une réduction du capital correspondante. Pour 2002, il est en outre prévu de réduire la valeur nominale du titre de 50 à 10 francs, puis de fractionner (splitting) la valeur de l'action par 10, soit à 1 franc. Mardi, le titre Schindler a perdu 38 francs à 2490 francs.