Sonova a surmonté les difficultés liées à la force du franc et au renouvellement total de sa direction l’an dernier. Le numéro un mondial des prothèses auditives a vu sa rentabilité progresser et ses ventes atteindre un nouveau record durant l’exercice 2011-2012 clos à fin mars.

Sonova a dégagé un bénéfice net de 246,4 millions de francs, en hausse de 6,6%, lors de l’exercice marqué à ses débuts par le départ avec effet immédiat du directeur général, du responsable des finances et du président du conseil d’administration et fondateur Andy Rihs.

Le chiffre d’affaires du groupe établi à Stäfa (ZU) s’est inscrit à 1,6 milliard de francs, progressant de 11,6% en monnaies locales, mais stable (+ 0,2%) en francs. Les acquisitions ont contribué à hauteur de 4,9% à cette croissance. Les taux de change, marqués par le renchérissement du franc, ont à l’inverse pesé à hauteur de 11,4%, soit de 184 millions de francs.

Ces résultats en hausse n’ont toutefois pas convaincu les analystes qui prévoyaient mieux, surtout concernant le bénéfice net. Les titres de Sonova ont ouvert en forte baisse à la bourse suisse, perdant jusqu’à 9%. En milieu de matinée, l’action baissait de 6% à 87,80 francs dans un SMI en hausse de 0,51%.

Effets négatifs

Sur le plan opérationnel, le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (EBITA) est tombé à 315,2 millions de francs en 2011-2012, reculant de 3,5% par rapport à l’exercice précédent. Sans les effets négatifs des taux de change, qui se sont montés à 82 millions, il aurait progressé de 21,6%, selon Sonova. Au niveau EBIT, le bénéfice s’est accru de 6,2% à 287,7 millions.

Le segment principal des appareils auditifs a réalisé un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de francs, soit 94% des ventes totales du groupe, en hausse de 9,7% en monnaies locales et 4,5% de croissance organique.

Près de trois quarts de ces revenus ont été réalisés avec des produits lancés depuis moins de deux ans sur le marché, a relevé le groupe dans son communiqué. Le secteur des implants auditifs a enregistré des ventes de 96,3 millions de francs, dépassant les espérances, selon Sonova.

Toutes les régions ont contribué à la progression du chiffre d’affaires. La zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique, sans la Suisse) a représenté 39% des revenus du groupe. Les Etats-Unis ont contribué à hauteur de 36% aux ventes globales, avec là aussi une croissance importante. Sonova fait ainsi un retour marqué sur ce marché où il avait dû retarder la commercialisation d’un produit l’an dernier.

Croissance attendue

Pour l’exercice actuel, le groupe s’attend à une croissance solide de ses résultats, tant dans les appareils auditifs que dans les implants. Les ventes devraient afficher une hausse comprise entre 7 et 9% en monnaies locales et l’EBITA une progression de entre 15% et 20%. Ces attentes se basent sur un taux de change de 1,21 franc pour un euro et de 0,88 franc pour un dollar.

Pour rappel, en 2011, le Ministère public de Zurich et la bourse suisse ont lancé une enquête contre Sonova après un avertissement sur résultat émis alors que les dirigeants faisaient état de transactions sur des titres du groupe portant sur plusieurs dizaines de millions de dollars.

Le patron Valentin Chapero, le chef des finances, Oliver Walker, et Andy Rihs avaient alors démissionné. Ce dernier est en revanche toujours membre du conseil d’administration.