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Logiciels vidéo

Malgré la publicité d’Usain Bolt, la société fribourgeoise Dartfish piétine

Comme moult autres champions, le roi du sprint utilise les logiciels de la société fribourgeoise pour améliorer ses performances. Malgré cette publicité indirecte et une forte présence aux Jeux olympiques, Dartfish piétine en termes de croissance. Elle doit désormais accélérer sa croissance via sa plateforme de contenu sur Internet

Le roi du sprint a encore étendu son empire lors des Jeux olympiques de Londres. Avec un temps de 9,63 secondes pour 100 mètres, Usain Bolt a facilement dominé ses rivaux. A ce niveau-là, un logiciel de décryptage vidéo peut-il faire la différence, transformer un champion en extraterrestre du tartan? Dans un entretien à L’Equipe accordé en juin, le Jamaïcain expliquait que son coach (Glen Mills) avait trouvé comment améliorer son départ grâce à Dartfish.

Depuis plus de dix ans, cette société fribourgeoise accompagne dans l’ombre les plus grands champions grâce à ses logiciels vidéo, comme par exemple StroMotion, qui découpe les mouvements des athlètes.

Leader mondial de l’analyse vidéo, la PME fribourgeoise n’a pas encore établi de décompte de «ses» médaillés olympiques. «Mais par exemple, sur les 37 médailles réalisées par la délégation japonaise, toutes, sauf le volleyball, ont utilisé nos produits», souligne Jean-Marie Ayer, cofondateur de la société. En moyenne, ce sont environ 65% des médaillés qui ont recours à cette technologie fribourgeoise.

«A Londres, nous avons développé des services supplémentaires, notamment pour la délégation de Grande-Bretagne et le Brésil, poursuit le dirigeant. Nous leur avons monté un centre d’enregistrement et de catalogage des vidéos de toutes les courses, matches, et les avons publiées sur notre plateforme internet Dartfish.tv. Chaque coach ou athlète avait un accès immédiat et à distance à toutes les performances sportives pour des analyses ou préparations. C’est peut-être pour cela que les Britanniques ont terminé à la troisième place au tableau des médailles.» A ce niveau-là, la différence entre l’or et l’argent relève souvent de l’imperceptible à l’œil humain. «Même le tir à l’arc est grand consommateur de vidéos», glisse Jean-Marie Ayer.

Pourtant, malgré cette récente publicité gratuite accordée par Bolt, la PME fribourgeoise n’a pas vu ses revenus «dopés» par le rendez-vous olympique. Créée à la fin des années 90, elle se cherche un chemin d’avenir, en évoluant vers un modèle de revenus récurrents avec Dartfish.tv. En effet, depuis 2009, elle a lancé sa plateforme web de contenus vidéo (Dartfish.tv), qui compte déjà près de 500 canaux utilisés entre autres par les fédérations sportives. Par exemple, la Fédération mondiale de taekwondo y enregistre tous ses matches qui sont catalogués et annotés par les systèmes Dartfish.

Le chiffre d’affaires (quelque 10 millions de francs l’an dernier) et le nombre de collaborateurs (une soixantaine dont la moitié au siège fribourgeois) ont tendance à stagner. «Aujourd’hui, nous réalisons 20% de nos revenus avec ­notre plateforme web Dartfish.tv. C’est vrai que la collecte et la diffusion de contenus sur Internet sont un marché à forte croissance et que nous devrions pouvoir investir massivement pour nous développer, analyse Jean-Marie Ayer. Pour l’heure, c’est là que le bât blesse. Il faut donc que nous trouvions des partenaires stratégiques. J’espère qu’une solution se dessinera rapidement car le potentiel est là.»

Dartfish discute avec YouTube pour marier deux éléments essentiels: le savoir-faire de la production de contenu sportif à haute valeur ajoutée avec la visibilité d’une plateforme comme YouTube. La stratégie à plus long terme? Dartfish se concentrera toujours plus sur les services, synonymes de revenus récurrents, que sur les logiciels.

Parmi ses actionnaires figurent notamment le patron d’Implenia, Anton Affentranger, et le fonds Renaissance PME, géré par Vinci Capital. «Ils ont une marque très connue au niveau du sport de haut niveau et un grand nombre de licences installées. Ce qui manque aujourd’hui, c’est de pouvoir valoriser la plateforme Dartfish.tv à un niveau élevé afin qu’elle devienne intéressante pour un partenaire stratégique», estime Christian Waldvogel, associé chez Vinci Capital, qui envisage une sortie du fonds de Dartfish lorsque des nouveaux investisseurs ou un repreneur industriel aura été trouvé.

«Ce qui manque aujourd’hui, c’est de pouvoir valoriser la plateforme Dartfish.tv»

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