D'humeur badine et sur des prises de bénéfices, la bourse a réprimandé Richemont, numéro deux mondial du luxe. Il est vrai que les chiffres annuels du groupe basé à Bellevue (GE) se sont avérés légèrement inférieurs aux attentes. Mais les investisseurs ont surtout été déçus par le léger fléchissement de la croissance des ventes au deuxième semestre de l'exercice 2006-2007. Si la hausse s'est inscrite à un honorable 8,9%, elle n'en est pas moins la plus faible depuis deux ans, sur une base semestrielle. Dans la foulée, le titre a perdu 2%, après avoir gagné 26% l'an passé (37% pour Swatch Group).

Japon en berne

Le groupe paie ainsi sa comptabilité en euros, devise qui s'est nettement appréciée par rapport au yen et au dollar. Richemont, qui détient une participation de 19% dans British American Tobacco, réalise quelque 31% de ses ventes aux Etats-Unis et au Japon. Au pays du Soleil-Levant, premier marché mondial pour les produits de luxe, les ventes ont stagné (+1%) à taux de change réels. Au niveau organique, la croissance ressort néanmoins à deux chiffres (10%). Les analystes de Vontobel mettent aussi en exergue un net ralentissement en Europe au quatrième trimestre, même si la croissance organique dans cette région ressort à 13% sur l'ensemble de l'année. Selon les calculs de la banque, le Vieux Continent n'a progressé que de 1% durant les trois derniers mois de l'exercice fiscal.

Voilà pour les bémols. Car pour le reste, Richemont, qui publiera ses résultats détaillés le 24 mai, continue sur sa lancée, avec des chiffres qualifiés de solides par Helvea. Ils ont notamment été soutenus pas la marque vedette Cartier. Au niveau du groupe, Richemont a annoncé mardi un chiffre d'affaires de 4,827 milliards d'euros (+12%) pour son exercice annuel clôturé le 31 mars. A taux de change constants, la hausse s'élève à 16%. Dans le secteur horloger, le groupe se trouve dans le peloton de tête, toutefois clairement derrière LVMH mais tout proche de Swatch Group. Richemont signale que les ventes ont été particulièrement réjouissantes chez les marques Panerai et A. Lange & Söhne.

Dans les instruments d'écriture, Richemont a engrangé des ventes de 585 millions d'euros, soit une hausse de 21%. La branche maroquinerie et accessoires a quant à elle aussi progressé (+12%) à 307 millions. Est-ce à dire qu'Alfred Dunhill est dans la foulée sorti des chiffres rouges? On le saura dans un mois. Pour sa part, Lancel aurait récolté les premiers fruits du lancement de nouveaux produits.