«La bonne tenue des affaires lors de l'exercice écoulé a aussi été rendue possible par l'engagement de 145 nouveaux collaborateurs. Les deux tiers d'entre eux l'ont été dans la gestion de fortune, dans les affaires institutionnelles et dans les fonds de placement», commente Peter A. Merian, le président de la direction du groupe de gestion de fortune bâlois, lors de la présentation jeudi à la presse des résultats d'un exercice écoulé placé sous le signe de l'expansion. Des résultats 2000 qui se soldent à nouveau par un bénéfice record de 131 millions de francs, en hausse de 32% par rapport à l'exercice précédent. Le résultat brut s'inscrit lui aussi en nette hausse, de 20,8% à 197,8 millions de francs. Malgré un accroissement plus que proportionnel des charges de personnel (+30,2% à 152,7 millions de francs) dû au gonflement des effectifs. «Pour assurer notre expansion, l'engagement de personnel qualifié reste plus avantageux que les acquisitions», justifie pourtant Peter A. Merian. Ce dernier entend d'ailleurs garder le cap sur la croissance interne du groupe. «Sur les 145 personnes engagées l'an dernier, 74 l'ont été à Bâle, 18 à Zurich et 18 autres à Genève. Le siège genevois de la banque compte ainsi une cinquantaine de personnes. Il devrait voir ses effectifs s'élever à 80, voire à une centaine de personnes d'ici quelques années», précise encore le responsable opérationnel de Sarrasin.

Si les principaux métiers ont enregistré un taux de progression à deux chiffres, l'exercice 2000 se caractérise toutefois par une croissance nettement plus marquée des bénéfices dans les affaires d'intérêts (+44,3%) ainsi que dans celles qui concernent le négoce (+52,9%). Alors que le résultat des commissions et des prestations de service affiche une progression plus modeste de 18%. Cette évolution – du moins pour ce qui concerne les affaires d'intérêts – porte la griffe de Matthias Hassels, le responsable des finances du groupe. Venu de la gestion des risques, ce spécialiste a en effet réussi à tirer profit de l'évolution des taux d'intérêt par une gestion active de la structure du bilan. Conséquence: la part des recettes générées par les commissions s'est légèrement réduite à 73% l'an dernier (pour une proportion de 77% en 1999).

Les spécialistes de la branche attendaient également de connaître l'évolution des fonds gérés par le groupe. Ceux-ci avaient progressé de 12% à 40,3 milliards de francs au premier semestre, essentiellement (à hauteur de 80%) grâce à l'apport de nouveaux fonds, puisque la performance avait laissé à désirer. Or pour l'ensemble de l'année, le groupe Sarasin affiche une croissance des fonds gérés de 15,1% à 41,4 milliards, «due aux deux tiers à l'entrée de nouveaux fonds», selon les précisions de Peter Merian. Un rythme de progression qui apparaît supérieur à celui attendu pour l'ensemble du secteur de la gestion de fortune. Mis en relation, ces deux chiffres font toutefois apparaître une mince progression de 2,7% seulement au second semestre. Ce qui est toujours mieux que le recul de 3% des fonds gérés enregistré par le concurrent zurichois Julius Baer au deuxième semestre. D'où la perte de 4% essuyée jeudi en Bourse suisse par l'action Sarasin. Les perspectives de croissance moins roses pour le secteur de la gestion de fortune se sont d'ailleurs reflétées dans les reculs enregistrés jeudi en Bourse suisse par les valeurs bancaires.

Pour l'exercice en cours, Peter A. Merian se montre donc «modérément optimiste», au vu de la volatilité et des changements d'orientation possibles des marchés. «Mais nous nous en tenons à notre stratégie de croissance à deux chiffres des fonds gérés dans notre métier essentiel, la gestion de fortune», précise-t-il.