Après une réduction de moitié du cours de son action l'été dernier, à la suite d'un avertissement sur son bénéfice, le détaillant textile poursuit son redressement et s'apprête à fêter ses 50 ans dans un climat de sérénité retrouvée.

Daniel Reinhard, président de la direction, a présenté mardi un bénéfice d'exploitation avant amortissements (EBITDA) de 150,7 millions de francs. L'entreprise prévoyait 170 millions en mars dernier, puis 100 à 130 millions en milieu d'année. Ces derniers jours, les analystes anticipaient 115 millions. Vögele surprend donc positivement et l'action bondit. Le groupe tire toutefois les leçons de ses déboires dans l'art de la prévision. Daniel Reinhard se refuse à «lire dans le marc de café» et n'émet pas le moindre pronostic pour l'année en cours.

Le résultat du groupe dépasse les attentes grâce à une fin d'année particulièrement favorable et une marge brute supérieure aux prévisions (59,8%), rendant possible un bénéfice net de 37,6 millions de francs, inchangé par rapport à l'année précédente. La direction explique le redressement des derniers mois par «l'amélioration de la collection, de la qualité et un positionnement sur les prix plus représentatif du marché».

Le rebond se lit dans la hausse de 60% du bénéfice au deuxième semestre, qui contraste avec le plongeon de 65% au premier. Il se traduit aussi par une diminution de 21% de l'endettement net, à 222 millions de francs. La tendance va d'ailleurs se poursuivre, puisque l'endettement net promet d'être nul en 2008.

Assortiment rajeuni

Le maintien du bénéfice se nourrit d'une forte baisse des coûts, notamment par la réduction des stocks, des frais de personnel et de la charge fiscale. Les stocks, à 274 millions, atteignent désormais un niveau normal pour le modèle d'activité du groupe. Le rajeunissement de l'assortiment y a naturellement contribué.

L'efficacité retrouvée de Vögele et les progrès de sa logistique expliquent davantage le redressement de ses finances que l'amélioration du climat de consommation. Le rythme de baisse des ventes, qui était encore de 9% au premier semestre, s'est toutefois assagi au second (–2%). Sur l'année, le chiffre d'affaires diminue de 6%, bien que Vögele n'ait pas cédé de parts de marché. En Suisse par exemple, il demeure le leader incontesté, avec 10,2% du marché (10,1% en 2003), soit le double de son poursuivant. C'est ici que sa rentabilité est la meilleure, avec une marge opérationnelle de 13,5% au deuxième semestre (10,2% au premier).

Le contexte est beaucoup plus difficile en Allemagne – où Vögele se contente de réduire ses pertes au deuxième semestre, à 7 millions (20 millions au premier) – et au Benelux, où il essuie à nouveau des pertes. L'expansion géographique va toutefois se poursuivre, avec l'ouverture de deux filiales en Slovénie. Le groupe prépare également son entrée en Pologne, en Hongrie et en République tchèque.