Entre jus de pamplemousse et cafés, les conversations se font à voix basse, ce mercredi au Palais de Beaulieu de Lausanne. Quelques minutes avant l’assemblée générale de Logitech, les actionnaires ne parlent que d’elle: l’action de l’entreprise, dont le cours a été divisé par deux en un an. Mais aussi du premier dividende, de 80 centimes par titre, que Logitech versera de son histoire.

«Ce dividende, c’est un geste symbolique pour nous calmer, grimace un actionnaire venu avec son épouse de Winterthur. Cela fait dix ans que j’ai des actions. Je ne suis pas très content, mais bon, les marchés sont en baisse. Nous venons surtout ici pour écouter la vision du futur par Logitech».

Performance de l’action «inacceptable»

Sur la tribune quelques minutes plus tard, Guerrino de Luca, directeur du groupe, déclare que «la performance de notre action est inacceptable, le cours est horrible». Elle vaut aujourd’hui 8.80 francs, contre 40 francs début 2008. «J’en ai acheté lorsqu’elle valait 30 francs, soupire un homme. Inutile aujourd’hui de la vendre, cela ne me rapporterait rien. On espère toujours qu’elle remonte, je n’y crois guère. Et ce dividende, c’est juste une fleur qui nous est faite».

À côté de lui, une femme est plus optimiste. «Je crois aux entreprises vaudoises et j’y investis, que ce soit Logitech, Kudelski et Nestlé. Bon, pour les deux premières, c’est difficile… heureusement que je n’y ai pas investi tout mon argent! Je regarde tous les jours le cours de l’action Logitech sur le Télétexte. Vu les bénéfices que fait l’entreprise, il est normal de verser un dividende». Et l’homme de lui répondre: «Saviez-vous que ce sera, l’année prochaine, la 60e assemblée générale de Nestlé? Il devrait verser un dividende spécial, je vous recommande le titre. Tout comme celui d’EMS Chemie».

Un peu plus loin, un couple d’Alémaniques est sceptique. «Je pense que le futur de Logitech est difficile, je ne vois pas vraiment de tendance claire. Pourront-ils avoir encore du succès à l’avenir? Mais bon, je reste positif», grimace l’homme. À côté, un couple de Vaudois s’interroge. «Ah mais je crois qu’on a un produit Logitech à la maison, non? Ah oui, une souris!» s’exclame la femme. «On a des actions depuis dix ans, nous gardons confiance», sourit son mari.

126 millions de francs de dividendes

Rencontré un peu plus tôt, Guerrino de Luca explique la stratégie de l’entreprise. «L’action a été divisée par deux, il est normal de désormais donner de l’argent aux actionnaires. Nous le faisons régulièrement via des rachats de titres, maintenant c’est un dividende». Est-il appelé à se pérenniser? «Si l’action devait afficher de mauvaises performances, et si nous avons les liquidités pour, oui. Mais je suis confiant dans notre stratégie. Une très grande part de la rémunération du futur directeur Bracken Darrell est composée d’actions, si le titre atteint certains niveaux. C’est très motivant, il croit en son succès et moi aussi». Au final, le vote sur le dividende aura donné 96,4% de oui. Une opération qui va coûter 126 millions de francs à Logitech.