Au cœur des marchés

Mamma mia!

Eliminée du Mondial de football, l’Italie peut devenir championne du monde incontestée de la «périphérie» et vivre une minicrise de la dette si la BCE arrête ses achats d’actifs dès septembre

Le compte à rebours a commencé. Mercredi sera enfin donné l’envoi de la Coupe du monde en Russie. Réjouissez-vous! Pendant un mois, vous allez «subir à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur le gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied», comme disait Pierre Desproges. Quant à moi, cette année, le cœur n’y est pas

A l’instar de nombreux Italiens, j’ai dû troquer mes pronostics footballistiques contre des avis politiques. Pas facile d’y voir clair, mais une chose est sûre: l’Italie ne va malheureusement pas disparaître de l’actualité ces prochaines semaines. D’ailleurs, le 14 juin, à quelques heures de l’ouverture officielle de la Coupe du monde, il y aura un autre «événement» bien plus important pour les marchés et indirectement pour le nouveau gouvernement italien: la réunion de la Banque centrale européenne qui, hasard du calendrier, aura lieu seulement un jour après celle de la Fed.

Le scénario de la peur

A défaut de pronostics ou d’opinion, je vous livre mon scénario de la peur. Acte 1, mardi soir: la Réserve fédérale relève sans surprise son taux directeur mais pourrait commencer à adoucir son discours sur les hausses à venir en l’absence de sérieuses pressions inflationnistes. En d’autres termes, elle ne serait pas loin d’avoir normalisé sa politique monétaire. Peut-être encore 2-3 hausses (déjà anticipées), puis cela dépendra de l’évolution des prix.

Acte 2, mercredi après-midi: la BCE clarifie ses intentions quant à la fin de son assouplissement quantitatif. Les achats diminueront ou s’arrêteront dès septembre et la première hausse des taux pourrait avoir lieu d’ici à 9 ou 12 mois. Autogoal de Draghi: l’euro et les taux italiens s’envolent.

Acte 3: on assiste à une mini-crise de la dette qui ne concerne cette fois que nos voisins transalpins… Qui deviennent ainsi champions du monde incontestés de la «périphérie», puisque à leur grande surprise, mais pas vraiment joie, ils se rendent compte que le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande ne sont plus qualifiés dans cette catégorie. J’espère juste que le remplaçant de Yanis Varoufakis dans cette nouvelle tragédie grecque se prendra très rapidement un carton rouge.

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