Le proverbe le dit très justement: «Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier». Cette règle prévaut aussi dans la finance pour les investisseurs soucieux de diversifier leurs risques, plus particulièrement lors de périodes de conjoncture difficiles. L'année 2000 en a fait partie, avec un bon début mais une fin désastreuse pour les marchés boursiers. Pour les investisseurs, cette évolution a marqué une réorientation vers des investissements qui répartissent mieux les risques. Le Credit Suisse Private Banking (CSPB) a ainsi noté une préférence croissante pour les investissements en parts de fonds, plutôt que les placements directs effectués selon la méthode du «stock picking».

Le groupe a présenté mercredi son mandat «Funds Only», un mandat de gestion de fortune qu'il propose depuis 1999, limité aux placements en parts de fonds du Credit Suisse et à celles d'autres prestataires. Le CSPB travaille avec plus de 40 fournisseurs, dont Mercury, Fidelity, AbN Amro, Swissca, etc. «Nous traitons les investissements dans les fonds étrangers de la même manière que nos propres fonds. Il n'est d'ailleurs pas impossible que les fonds étrangers représentent plus de 50% du portefeuille, surtout en ce qui concerne les actions, car il y a plus de fournisseurs pour ce genre de titre que pour les obligations», insiste Viktor Helfenstein, responsable de la gestion du portefeuille «Mandate Funds Only». Et d'ajouter: «Ainsi l'an dernier, les risques spécifiques aux titres ont pu être évités dans une large mesure. Les clients ont profité d'une double répartition des risques: celle à l'intérieur de chaque fonds et celle résultant de la combinaison de plusieurs fonds (produits multigestionnaires)».

Le CSPB n'investit que dans des fonds purs (actions, obligations, fonds sectoriels ou fonds de fonds) et évite les produits dérivés. «Les hedge funds ont des périodes de rédemption trop longues qui peuvent durer jusqu'à cinq mois», explique Viktor Helfenstein. En revanche, la position d'un client dans les placements en parts de fonds que la banque propose actuellement peut être liquidée en deux jours. Pour mesurer la performance, le produit «Mandate Funds Only» utilise des indices de comparaison (benchmark) internes, qui sont des composites des indices du Financial Times pour la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, etc. Mais aucun chiffre n'a pu être donné concernant la performance du portefeuille «Mandate Funds Only», en raison du manque de données historiques.

Pour l'instant, le mandat «Funds Only» existe dans trois monnaies (franc suisse, euro et dollar), pour cinq profils de placement différents (revenu fixe, orienté revenu, équilibré, orienté gains en capital ou encore en actions). A cela s'ajoutent deux profils spéciaux dans les monnaies: le mandat exclusivement en dollars et le franc suisse International (profil suisse avec une part plus importante en monnaies étrangères). Selon les responsables du CSPB, le volume des placements gérés actuellement dans ce cadre a atteint plusieurs milliards de francs. Le montant minimum de placement pour ce genre de produit s'élève à 250 000 francs. En moyenne, le montant d'un mandat individuel dépasse cependant très nettement le demi-million de francs. «Les derniers développements montrent même une nette augmentation des mandats de ce type dans la catégorie des fortunes relativement importantes, note Viktor Helfenstein. Ainsi, les mandats portant sur plusieurs millions de francs ne sont plus une rareté».

En ce qui concerne les frais, un dépôt d'une valeur de 500 000 francs, par exemple, représente 3181 francs de frais par an, commissions, droits de garde et TVA inclus. La commission de 0,07% pour les opérations sur titres de fonds étrangers (paiement des dividendes, annonces de split d'un titre, travail administratif) n'est pas perçue sur les parts de fonds des banques du Credit Suisse Group. «Le travail administratif pour les fonds étrangers est plus complexe que pour nos fonds, se justifie le responsable. Les clients ont voulu ce produit («Mandate Funds Only»), nous l'avons donc construit mais c'est à eux de couvrir leurs propres frais». En revanche, la commission de gestion s'élève pour les fonds étrangers, comme pour ceux du CS Group, à 0,2% (majorée d'une TVA de 7,6%) et les droits de garde à 0,15%. La commission d'émission, quant à elle, est de 2% pour les actions et de 1% pour les obligations (ces pourcentages sont diminués de moitié une fois que le mandat de gestion est établi).