secrets bancaires

Mandats d’arrêt internationaux envisagés contre des dirigeants de HSBC

Des parlementaires britanniques exigent une rapide enquête sur HSBC, et un juge belge envisage d’émettre des mandats d’arrêt internationaux contre des dirigeants de HSBC Private bank: la banque est sous le feu des critiques, 24 heures après la première salve de Swissleaks

■ Grande-Bretagne. Des députés britanniques ont annoncé lundi l’ouverture rapide d’une enquête sur le géant bancaire HSBC, dont le siège est à Londres, à la suite de Swissleaks, ce vaste scandale de fraude fiscale, révélé par des médias dont Le Temps, touchant la filiale suisse de la banque.

La commission des comptes publics de la Chambre des communes va ouvrir une enquête sur le scandale et demander à la HSBC de fournir des éléments, selon la BBC.

«Les révélations concernant la HSBC démontrent une fois de plus l’opacité d’une industrie mondiale au service d’une élite nantie», a indiqué Margaret Hodge, la présidente (travailliste) de la commission, à la BBC.

«La commission des comptes publics va ouvrir d’urgence une enquête dans le cadre de laquelle nous allons demander à la HSBC de fournir des éléments - et si nécessaire lui ordonner de le faire», a-t-elle ajouté.

■ Belgique. De son côté, un juge d’instruction belge «envisage d’émettre des mandats d’arrêt internationaux» contre les dirigeants de HSBC Private Bank, la banque suisse au coeur du «SwissLeaks», a indiqué le parquet de Bruxelles.

Le juge d’instruction spécialisé dans la criminalité financière Michel Claise avait inculpé HSBC PB en novembre pour «fraude fiscale grave et blanchiment», la soupçonnant d’avoir «sciemment» aidé des centaines de clients, en particulier des diamantaires anversois, à frauder le fisc.

La banque avait réagi en assurant «coopérer au maximum» avec les autorités judiciaires, mais «cela ne donne pas grand chose, a dit lundi la porte-parole du parquet, Ine Van Wymeersch. «Le juge estime qu’il est à présent temps pour la banque de collaborer, sinon il juge qu’il sera obligé de délivrer des mandats d’arrêt internationaux envers les dirigeants actuels et anciens» de l’établissement, a-t-elle ajouté.

De plus, la justice suisse n’a pas encore répondu à la demande de coopération du juge bruxellois, sollicitée par commission rogatoire. «Il ne faudrait plus trop traîner de ce côté-là non plus pour que l’enquête puisse progresser», selon Van Wymeersch.

■ Podemos sollicite Hervé Falciani. Le parti anti-libéral espagnol Podemos a annoncé lundi qu’il commanderait un rapport sur la lutte contre la fraude fiscale à l’ex-employé de HSBC Hervé Falciani, à l’origine des révélations sur le secret bancaire en Suisse.

«Merci beaucoup à Falciani d’avoir proposé de collaborer avec le programme de Podemos, il sera d’une aide inestimable», a écrit sur Twitter Pablo Iglesias, le chef du jeune parti proche du grec Syriza qui talonne dans les sondages la droite au pouvoir en Espagne.

Plus tôt, un autre responsable de Podemos, Luis Alegre, avait expliqué lors d’une conférence de presse que le franco-italien Hervé Falciani avait accepté de rédiger pour le parti un rapport regroupant des mesures de lutte contre la fraude fiscale.

Ce n’est pas la première incursion de l’ex-employé de la banque HSBC à Genève sur le terrain politique en Espagne: en mai 2014, il avait été tête de liste du nouveau Parti X, issu de la mouvance des «Indignés», lors des élections européennes.

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