A Hongkong, l’hypothèse de l’essoufflement

Après une dizaine de jours de quasi-paralysie, Hongkong semblait reprendre progressivement, ce matin, une vie presque normale. La nuit de dimanche à lundi a été particulièrement calme, et le nombre de manifestants a chuté dans le quartier d’Admiralty.

Quelques dizaines de protestataires y demeuraient, mais ils laissaient les fonctionnaires gouvernementaux accéder à leurs bureaux, cédant en cela aux menaces du chef de l’exécutif, Leung Chun-ying. Bête noire des manifestants, ce dernier avait notamment déclaré qu’il prendrait «toutes les mesures nécessaires pour rétablir l’ordre».

Dans le quartier de Mong Kok, où des heurts violents se sont déroulés entre manifestants et population locale, une partie des manifestants avaient aussi levé le camp. Si le mouvement «Occupy Central» appuie ce retrait, les organisations représentatives des étudiants ont, en revanche, nié toute consigne allant dans ce sens. Le déroulement de la journée d’aujourd’hui aura donc valeur de test pour la suite du mouvement pro-démocratie hongkongais.

L’hypothèse d’un essoufflement n’est pas à exclure. Si elle se confirmait, ce serait relativement cohérent avec le scénario initialement prévu par les leaders de «Occupy Central» qui entendaient saisir le moment de la fête nationale pour effectuer une démonstration de force, sans pour autant trop perturber la ville. L’une de leurs obsessions était de ne pas prêter le flanc à la critique de tous ceux qui dénoncent la pagaille occasionnée par les manifestations.

En ce sens, l’opération demeurerait un succès, dans la mesure où elle a constitué une impressionnante démonstration de force de la part des forces démocrates hongkongaises, un moment fondateur sur lequel cette coalition peut envisager de construire son combat à l’avenir. Il n’en demeure pas moins qu’à ce stade, aucune des requêtes formulées par les manifestants n’a été entendue, même si une rencontre informelle s’est déroulée entre des leaders étudiants et des représentants du gouvernement.

Sur le fond, à savoir le mode de scrutin de l’élection de 2017, Pékin n’a pas bougé d’un centimètre. Autrement dit, les événements auront constitué un puissant signal d’alarme pour Pékin, sans pour autant faire vaciller sa stratégie de la fermeté. Pour certains analystes, ce mouvement pourrait même avoir apporté de l’eau au moulin du président chinois, Xi Jinping: il confirme l’urgence des réformes au sein d’un appareil d’Etat qui avait perdu, ces dernières années, sa vigilance et sa capacité d’écoute vis-à-vis des attentes de la population.

Kim Jong-un est toujours porté disparu

Pour les experts, la rencontre, ce week-end, entre des hauts responsables nord-coréens et sud-coréens a une portée «exceptionnelle», tant les échanges de haut niveau entre les deux nations s’étaient raréfiés ces dernières années.

Ne prévenant leurs homologues sud-coréens qu’à la dernière minute, trois des plus hauts dirigeants du régime nord-coréen ont atterri samedi matin à l’aéroport international d’Incheon. Objectif: officiellement venir représenter leur pays lors de la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques qui se tenaient depuis une dizaine de jours dans cette ville (tout près de Séoul) et auxquels avaient participé des athlètes du Nord.

La délégation nord-coréenne était conduite par le vice-président nouvellement élu de la Commission nationale de défense, Hwang Pyong-so, présenté comme le numéro deux de la dictature. Il était accompagné de Choe Ryong-hae, perçu comme très proche du numéro un et de Kim Yang-gon, un autre haut responsable du parti unique au pouvoir.

Au fil d’entretiens avec les autorités sud-coréennes, la délégation du Nord a accepté de rouvrir le dialogue de haut niveau entre les deux capitales, qui avait été suspendu en février dernier. La visite surprise des plus hauts cadres du régime avait aussi probablement pour objectif de faire taire les rumeurs sur une éventuelle désorganisation à la tête du pouvoir nord-coréen.

Les services de renseignement de la région s’interrogent sur le sort exact de Kim Jong-un, le leader du pays, qui n’a plus été vu en public depuis le 3 septembre et quelques dissidents ont commencé à affirmer qu’il avait été renversé en secret par des militaires peu satisfaits de sa gouvernance. Lors de son passage éclair en Corée du Sud, la délégation, qui était composée de personnalités réputées très proches de Kim Jong-un, a affirmé à leurs homologues que le dirigeant nord-coréen n’avait aucun problème.

En Corée du Sud, les autorités estiment toutefois que son absence serait liée à un problème de santé.

Le nouveau projet pharaonique de Samsung

Constatant un essoufflement de ses profits provenant de la vente des smartphones et tablettes portant sa propre marque, le sud-coréen Samsung Electronics parie une poussée de la demande mondiale des fabricants d’appareils portables pour ses composants. Ce matin, le groupe a révélé qu’il allait investir 15 600 milliards de wons (11,5 milliards d’euros) dans la construction d’une nouvelle usine de fabrication de puces électroniques à Pyeongtaek, à 70 km au sud de Séoul.

Le chantier, qui devrait couvrir près de 800 000 mètres carrés, sera lancé au premier semestre l’an prochain et le site pourrait être inauguré en 2017. «La zone industrielle consacrée aux semi-conducteurs qui sera établie à Pyeongtaek aura un rôle crucial dans le futur pour l’activité puces de Samsung», a expliqué Kwon Oh-hyun, le directeur exécutif de Samsung Electronics, qui prévoit de produire dans sa nouvelle usine des semi-conducteurs haut de gamme.

Le géant sud-coréen dispose déjà de deux usines de semi-conducteurs en Corée du Sud ainsi que de trois en Chine et un aux Etats-Unis.

Le patron du FBI compare les cyber-espions chinois à des voleurs ivres

Voilà qui ne devrait pas aider à calmer les relations sino-américaines. James Comey, le directeur du FBI américain, a tenu, sur la chaîne de télévision CBS, des propos d’une rare virulence à l’égard des pirates informatiques chinois. En particulier, il a estimé qu’il y avait «deux sortes de grandes sociétés aux Etats-Unis, celles qui savent qu’elles ont été piratées par les Chinois et celle qui ne savent pas qu’elles ont été piratées par les Chinois».

Se déclarant incapable d’estimer précisément le préjudice infligé aux groupes américains, il a jugé qu’il devait se compter en milliards de dollars. Il a clairement estimé que les cyber-pirates chinois étaient les plus actifs au monde, tout en raillant leur manque de professionnalisme, les comparant à des «voleurs ivres» qui «cassent la porte d’entrée, font tomber le vase».

Mais leur nombre fait leur force, a-t-il ajouté. Ces déclarations interviennent quelques mois après une violente passe d’armes entre Pékin et Washington sur ce sujet: après l’inculpation officielle de cinq officiels de l’armée chinoise pour espionnage industriel aux Etats-Unis, Pékin avait vivement réagi, protestant contre l’attitude de Washington qui dénonce l’espionnage des autres tout en le pratiquant massivement, ainsi que l’a révélé l’affaire Snowden.

Depuis, les entreprises de technologies ont affronté toutes sortes de difficultés sur le sol américain, en particulier Microsoft et Windows, toutes deux sous le coup d’une enquête pour pratiques anticoncurrentielles.