Les titres Saurer pourraient connaître une nouvelle envolée en raison de la présence de la Banque cantonale de Zurich (BCZ) dans le capital du groupe actif dans les systèmes de transmission et les machines textiles. La BCZ a en effet annoncé vendredi qu'elle détenait 13,05% des droits de vote de Saurer, en plus de 1705000 options calls, permettant de posséder 730000 actions nominatives. «Les 13% du capital-actions sont certainement des sous-jacents pour des warrants émis par la BCZ», explique Stefan M. Kremeth, directeur exécutif et responsable du «sales Trading» chez Sal. Oppenheim à Zurich. Au total, quelque 28 options (ou warrants) sur Saurer seraient actuellement en circulation.

«Treize pour cent de la capitalisation de Saurer sont donc bloqués par les options émises par la BCZ, poursuit Stefan M. Kremeth. Si la banque cantonale zurichoise veut couvrir ces options, elle devrait détenir en intégralité 20% de Saurer.» L'émission de warrants sur une partie de la société permet à la BCZ de couvrir le risque, sans avoir à bloquer trop d'argent dans des actions, qui représenteraient un coût du capital élevé dans son bilan.

Une spirale haussière pourrait s'enclencher si Oerlikon décidait d'exercer ses droits sur les options (ndlr: le groupe en détient actuellement 26%, en plus de 24% des actions) afin de dépasser la barre des 50% de droits de vote, un scénario désormais envisagé par le marché. Cette opération s'effectuerait via un emprunt de titres, qui raréfierait les actions en circulation. Conséquence: le cours de Saurer serait propulsé à la hausse.

Recommandation d'achat

La BCZ, pour couvrir le risque sur ses options, serait amenée à devancer le marché en achetant plus d'actions Saurer: «Il s'agit d'un dynamic hedge», explique Stefan M. Kremeth, soit l'adaptation dynamique de la couverture des options à mesure que le marché monte ou baisse. «C'est pourquoi Saurer est un titre à acheter, d'autant que le risque à la baisse est totalement limité à 110 francs, prix de la dernière offre d'Oerlikon», estime le chef trader de Sal. Oppenheim.

De plus, le prix proposé pourrait être revu à la hausse. Selon Vontobel, l'offre peut aller jusqu'à 120 francs, soit le prix proposé par Oerlikon à Laxey pour racheter son paquet d'actions. Ce scénario semble d'autant plus vraisemblable qu'Oerlikon, contrairement à ce qui était craint au début, vise davantage un projet industriel avec l'intégration de Saurer qu'un investissement spéculatif.

Autrement dit, intégrer Saurer serait impossible avec 50,1% des actions. Cette opération nécessiterait une participation bien plus élevée. Pour s'assurer du succès de l'opération, Oerlikon pourrait donc être amenée à relever encore une fois son offre, ce dont les petits actionnaires pourraient profiter.