La société Manpower Suisse, dirigée depuis plus de dix ans par Charles Bélaz change de tête: la direction générale est reprise par Claude Mumenthaler à partir du 1er juillet. Si le nouveau patron n'est pas encore très connu au-delà du milieu des sociétés de recrutement de personnel en Suisse, le patronyme est déjà célèbre. En effet, Claude Mumenthaler n'est autre que le fils cadet de Maria Mumenthaler, fondatrice en 1960 de Manpower Suisse, dont elle est toujours actionnaire majoritaire et présidente du conseil d'administration.

Rare femme à l'époque à exercer des responsabilités à un tel niveau, Maria Mumenthaler a longtemps été un exemple pour beaucoup de Suissesses. Lauréate du Prix de la femme d'affaires 1985, elle a aussi été présidente du Conseil académique de l'Université de Genève.

Ses trois enfants sont présents dans la société: outre, Claude (né en 1972), Anne-Lise (1966) et Willy (1968) y occupent des postes à responsabilités. Les deux garçons siègent également aux côtés de leur mère au conseil d'administration de Manpower Suisse.

Claude Mumenthaler a rejoint Manpower en 2002, après une carrière dans le consulting. Il a d'abord assumé des responsabilités comme chef de projet, puis en tant que directeur organisation. Il a aussi été directeur commercial pour la Suisse romande. «S'il n'avait pas les compétences, il n'aurait pas été choisi», assure son prédécesseur. «Claude Mumenthaler a l'expérience et le profil pour ce poste. C'est une personne qui a un bon esprit analytique et prend ses décisions rapidement.»

La société enregistrée à Zoug, mais dont le siège administratif est à Genève, compte 72 filiales et emploie plus de 400 personnes en Suisse. Manpower sert 6000 clients réguliers.

L'ancien directeur général, Charles Bélaz, reste dans l'entreprise à temps partiel en tant que directeur «coporate affairs». Cette responsabilité inclut notamment la continuité de la présidence de Swissstaffing, l'association faîtière des employeurs temporaires. «A 55 ans, c'est le bon moment de faire une transition», dit-il. Son projet: monter sa propre société de coaching pour cadres supérieurs.