Le gouvernement britannique est furieux. Alors que samedi Gordon Brown, avec ses homologues français, allemand et italien, promettait d'agir de concert face à la crise du crédit, la cacophonie immédiate qui s'en est suivie laisse Downing Street dépassé. L'annonce surprise de Berlin, dimanche soir, de garantir tous les dépôts a particulièrement agacé à Londres.

«Quand un pays européen décide une action unilatérale, cela a des conséquences sur les autres», s'emporte Alistair Darling, le chancelier de l'Echiquier. La garantie complète des dépôts par l'Irlande, la Grèce, l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark et le Portugal fait soudain paraître très limitée la hausse de la garantie de 35000 à 50000 livres (70000 à 100000 francs) pour les banques britanniques, qui est entrée en vigueur hier. «Le gouvernement britannique doit garantir l'ensemble des dépôts immédiatement, mais il est trop stupide pour comprendre ça», critique Alex Potter, analyste à Collins Stewart.