Stratégie

Marc Bürki: «Les banquiers privés genevois créeront aussi leurs conseillers robots»

Swissquote prévoit une croissance des services financiers en ligne. Le leader de la fintech veut plus que doubler son bénéfice en trois ans, gagner 100 000 clients supplémentaires dans le négoce en ligne et décupler les actifs de son conseiller robot pour les porter à 1 milliard de francs

«Nous ne nous limitons plus au négoce en ligne, mais offrons toute la gamme des services financiers en ligne, des hypothèques à l’épargne en passant par les idées d’investissement, la gestion d’actifs, la gestion de fortune et le plus grand conseiller robot du pays», a déclaré à la presse vendredi à Zurich Marc Bürki, président de la direction.

Le groupe de Gland, qui emploie 550 collaborateurs (+5%), a présenté ses résultats 2016 et détaillé ses perspectives et sa stratégie d’ici trois ans.

Très bons résultats des conseillers robots

L’avenir consistera à tirer parti de «l’immense potentiel de la numérisation des services financiers», a déclaré d’emblée Marc Bürki. Le directeur de la fintech vaudoise entend rester à la pointe de l’innovation. Il a par exemple laissé entrevoir l’arrivée du négoce basé sur la réalité virtuelle. «L’investisseur muni d’un casque doit toutefois se méfier. S’il regarde trop longtemps une action, la transaction est immédiatement réalisée», a-t-il averti.

A lire aussi: Swisquote propose de mêler trading et réalité virtuelle

Swissquote dispose, à son avis, du «conseiller robot le plus avancé (ePrivate Banking)». Ce service de gestion sur-mesure a passé la barre des 100 millions d’actifs l’an dernier (+60%), avec un millier de clients. Le total devrait passer à plus de 500 millions en 2019 et 1 milliard de francs en 2020. La société gagne environ 0,5% sur les actifs dans ce métier.

«Les clients robots ne sont pas seulement à la mode, ils fonctionnent bien», a ajouté Marc Bürki. Son fonds basé sur des algorithmes (Swissquote Quant Swiss Equities) a d’ailleurs présenté la meilleure performance des fonds en actions suisses en 2016. L’acceptation de l’automatisation de la gestion est en hausse, a-t-il indiqué. «Même les banquiers privés genevois créeront bientôt leurs conseillers robots», prévoit-il.

A lire aussi: Les robots conseillers qui se disputent le marché suisse

Dans les services financiers en ligne (eTrading), Swissquote profite de l’apport de 60 000 clients de Postfinance au printemps 2016, en vertu d’un contrat de partenariat. Au total, le nombre de comptes devrait passer de 270 554 en 2016 à 370 000 en 2019, selon la société. Pour atteindre cet objectif, la société entend profiter de l’élargissement de sa gamme de services. «Nous passons du modèle de courtier en ligne à celui de banque entièrement numérique», a expliqué Marc Bürki. Comme la fintech romande devrait gagner 400 francs par client et par an, ce segment devrait augmenter ses revenus de 40 millions en trois ans.

Croissance dans le négoce de changes

Dans l’autre principal segment d’activité, les produits de change, Swissquote prévoit aussi une croissance significative. «L’augmentation des réglementations est un avantage pour une banque comme la nôtre», a déclaré son directeur. Les actifs dans ce secteur devraient passer de 226 millions à 350 millions d’ici à 2019. Les revenus devraient ici s’accroître de 25 millions en trois ans. Au total, le bénéfice devrait donc plus que doubler d’ici 2019, selon Marc Bürki.

A lire aussi: Marc Bürki: «L’avenir appartient au conseiller virtuel»

Après une année 2015 difficile, en raison des effets de la fin du cours plancher, Swissquote a présenté les résultats 2016. Le bénéfice net s’est élevé à 20,8 millions (+900% en un an). Le nombre de comptes s’est accru de 30,9% à 302 775 et les avoirs des clients de 55% à 18,6 milliards de francs. L’afflux d’argent frais a quadruplé pour atteindre 6,07 milliards (1,23 milliard), dont 1,6 milliard d’afflux organique, le reste étant dû aux transferts de Postfinance.

Le chiffre d’affaires total a augmenté de 2,5% à 150 millions. L’essentiel provient des commissions, soit 69,5 millions (66,6 millions) et des revenus des changes (eForex), avec 52,8 millions (-2,2%). En bourse, l’action a réagi positivement à la présentation. Le titre gagnait 1,9% à 24,65 francs vendredi à 14h.

Publicité