Selon l'enquête conjoncturelle d'automne de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG), publiée mercredi, moins de la moitié des entreprises répondantes (48%, représentant quelque 41'000 emplois) jugent la marche des affaires satisfaisante (contre 50% en 2014) et 24% la jugent bonne à excellente (contre 31% en 2014).

Par rapport aux prévisions formulées à l’automne 2014, le nombre d’entreprises qui jugent la marche des affaires mauvaise a bondi de 2% à 9%. L'industrie souffre le plus: seules 3% des entreprises de ce secteur envisageaient l'an dernier un plus mauvais avenir; elles sont 17% à déclarer une mauvaise marche des affaires actuellement. En outre, presque une industrie sur quatre estime son volume d’affaires médiocre.

L’optimisme des entreprises quant au futur est des plus mesurés. Elles sont particulièrement pessimistes sur le moyen terme (au-delà de six mois): elles ne sont que 56% à s’attendre à des affaires satisfaisantes voire bonnes, contre 69% l’an dernier.

Impact du franc fort

En moyenne, seules 28% des entreprises répondantes ne constatent aucun effet du franc fort. Ce pourcentage recouvre une situation très contrastée entre les industries (13% dans ce cas), et les sociétés de services, qui ne sont pas affectées dans 31% des cas. Les entreprises souffrent d’autant plus du franc fort qu’elles exportent.

Un très petit nombre d’entre elles tirent cependant leur épingle du jeu et constatent un impact positif, particulièrement dans le groupe des entreprises fortement exportatrices. Pour contrer les effets du franc fort, une entreprise sur deux (47%) baisse ses prix de vente; cette proportion atteint même 57% dans l’industrie.

La deuxième mesure prise est la prospection de nouveaux marchés. Dans l’industrie, près d’une société sur trois a recouru à la réduction des effectifs (27%) et 12% ont déplacé leur production à l’étranger. Peu nombreuses sont toutefois les entreprises qui ont baissé les salaires ou augmenté les horaires de travail.

"Les industries, dont la majorité sont exportatrices, ont souvent conclu leurs contrats pour des durées fixes. Pour certaines d’entre elles, les effets du franc fort ne se sont fait sentir qu’en cours d’année, voire n’apparaîtront que l’an prochain. C’est ce qui explique des prévisions à moyen terme pour le moins conservatrices", a commenté Jacques Jeannerat, directeur général de la CCIG.

Salaires et effectifs stables

L'augmentation moyenne des salaires au début 2015, pondérée selon la taille des entreprises, s'élève à 0,7% (0,5% pour l’industrie et 0,7% pour les services), alors qu’elle avait été de 1,3% en 2014. Pour 2016, l'augmentation moyenne des salaires, pondérée selon la taille des entreprises, devrait s'élever à 0,5% pour l’industrie et 0,3% pour les services.

Plus de la moitié des entreprises ne pensent pas accorder d’augmentation en 2016. A cet égard, le secteur des services se montre plus sévère que celui de l’industrie.

En 2015, l’effectif du personnel a été stable pour 61% des entreprises. Quant aux autres, il a varié à la hausse pour 20% d’entre elles et à la baisse pour 20%, selon l'enquête de la CCIG.