Semaine écourtée par le Martin Luther King Day, mais néanmoins riche en événements à Wall Street! La période de publication des résultats trimestriels bat son plein, et l'euphorie n'est pas de mise, avec une croissance bénéficiaire pour les sociétés incluses dans le S & P 500 estimée à 2,6%. On est loin de la frénésie du premier trimestre 2000, où les bénéfices s'envolaient de 23,6%. Le second trimestre 2001 ne s'annonce guère meilleur, avec une croissance attendue à 3%, et ce n'est que dans la seconde moitié de l'année que les estimations sont (à ce stade!) plus optimistes, avec une progression de 8,2% au trimestre d'automne.

Sur le plan des nouvelles spécifiques aux sociétés, quelques grands noms comme IBM ou Nortel tirent leur épingle du jeu, en produisant des résultats en ligne avec les attentes, dans un contexte de ralentissement économique et d'inquiétudes quant aux dépenses liées aux investissements technologiques des entreprises. A l'inverse, les sociétés 3M et Home Depot ont déçu, en raison d'une demande anémique. A l'instar d'autres multinationales, le fabricant de Scotch et Thinsulate a été pénalisé par la force du dollar, alors que le leader mondial du bricolage souffrait de la faiblesse des prix du bois («lumber»), qui représente 20% de ses ventes.

Au-delà des «profit warnings», la morosité ambiante est confirmée par des indicateurs tels que l'indice de la Réserve fédérale de Philadelphie, qui mesure le taux d'activité économique dans la région, et qui a connu sa plus piètre performance depuis la récession de 1990-1991, avec une chute de 36,8%, largement au-dessous des – 6,8% attendus par les économistes. Dans ce contexte, tous les yeux seront tournés vers la Réserve fédérale la semaine prochaine, puisque les investisseurs escomptent une nouvelle baisse des taux lors de la séance du 31 janvier, après la baisse de 50 points de base intervenue le 3 janvier dernier.