Une nouvelle fois, la baisse des taux par la Fed n'a pas aidé le marché américain des actions. Des espérances irréalistes de la part de certains opérateurs qui s'attendaient à un mouvement plus agressif en sont la cause. Les temps redeviennent difficiles pour les travailleurs américains. Face à la rapide détérioration des conditions économiques, un nombre croissant de sociétés décide de licencier du personnel. Ces licenciements ne se cantonnent pas au secteur de la technologie et des télécoms.

Les annonces les plus marquantes cette semaine provenaient de Procter & Gamble, qui décidait de supprimer 9600 postes de travail, soit 9% du total de ses effectifs, et Charles Schwab, qui annonçait 3400 suppressions d'emplois, représentant plus de 11% de sa force de travail. Les bénéfices publiés par Bear Stearns, Goldman Sachs, Lehman et Morgan Stanley confirmaient la détérioration des conditions dans l'industrie des courtiers et banques d'investissement.

Certains secteurs comme les cycliques, l'énergie ou d'autres traditionnellement défensifs comme la santé jouaient un rôle de refuge jusqu'à présent. Cette semaine a placé l'investisseur dans une situation où il était forcé de vendre pratiquement tous les titres afin d'éviter de subir des pertes financières. Ces dernières semaines, les titres de l'ancienne économie ont finalement succombé à la correction et entraîné l'indice Dow Jones Industrial dans une chute vertigineuse.

Au niveau des secteurs dits spéculatifs, la biotechnologie a fortement accéléré sa correction amorcée en automne 2000. Jeudi, Applied Biosystems réduisait ses attentes de croissance pour les prochains trimestres et, après la clôture, Immunex indiquait qu'un produit important se révélait inefficace pour le traitement de l'insuffisance cardiaque. Le marché américain semble donc être entré dans la phase de capitulation tant attendue et les niveaux atteints la semaine dernière sur le S & P 500 et le Nasdaq Composite pourraient bien représenter des bas importants.