Si le resserrement modéré des taux décidé par la Réserve fédérale était largement escompté par les marchés financiers, Alan Greenspan a quand même réussi à surprendre son auditoire en abandonnant le biais haussier qui guidait sa politique monétaire depuis le mois de mai. L'hypothèee d'une hausse plus prononcée des taux d'intérêt étant momentanément écartée, la Bourse américaine s'est senti pousser des ailes; les indices S+P 500 et Nasdaq atteignant de nouveaux sommets historiques. Les valeurs financières se sont mises particulièrement en évidence, ainsi que le secteur de la technologie qui semble avoir pris fin à sa correction du printemps. Les valeurs pharmaceutiques, dont le comportement depuis le début de l'année a été des plus médiocres, se sont enfin réveillées. Le plan de réforme Medicare, tel qu'il a été énoncé par le président Clinton, s'avère en effet moins onéreux qu'on pouvait le craindre pour les sociétés pharmaceutiques. Sa mise en place ne devrait pas intervenir avant 2002, de sorte que son impact possible sur les résultats ne se fera pas sentir à court terme.

Le terrain semble dégagé à Wall Street pour une continuation de la hausse en juillet. La décision de la Réserve fédérale pourrait contribuer à alimenter encore la bulle spéculative. Les opérateurs porteront une attention toute particulière aux prochaines nouvelles économiques en souhaitant que la croissance de l'économie américaine se stabilise autour des 3%. Attention toutefois au fait que le marché des actions est historiquement très surévalué par rapport au marché obligataire. Une continuation inattendue de la hausse des taux d'intérêt pourrait stopper net la progression de Wall Street. Mais le facteur qui devrait soutenir l'optimisme boursier ces prochaines semaines sera la publication de résultats trimestriels favorables des sociétés, même si la forte progression du dollar risque de pénaliser les résultats des grands groupes multinationaux.

* Pictet & Cie.