Le flot de la publication des résultats trimestriels a commencé à déferler sur Wall Street. Comme on pouvait s'y attendre, les bénéfices des sociétés sont dans l'ensemble très bons et souvent supérieurs aux attentes. D'où la fermeté de la Bourse américaine qui a enregistré de nouveaux sommets historiques la semaine dernière. Même si les bénéfices d'Intel, en hausse de plus de 50%, étaient inférieurs aux prévisions, les commentaires optimistes de la société prévoyant une évolution favorable des affaires au second semestre ont enflammé le secteur de la technologie. Coca-Cola et Gillette ont enregistré une baisse de 21% de leurs bénéfices au deuxième trimestre. Les directions des deux entreprises restent toutefois confiantes pour l'avenir, ce qui explique la réaction plutôt favorable des titres. On peut raisonnablement penser que le creux de la vague a été atteint pour ces deux sociétés de croissance. La Bourse américaine a également bénéficié de nouvelles économiques très favorables, en particulier l'absence d'inflation au mois de juin. Le climat reste donc positif à court terme pour les actions, mais l'on peut se demander dans quelle mesure la situation favorable de l'économie et les bonnes perspectives de bénéfices des sociétés ne sont pas déjà largement reflétées dans les cours actuels. Peut-être serait-il judicieux de prendre quelques bénéfices, partant du principe que lorsque le ciel est grand bleu, on a tendance à laisser les parapluies à la maison. Et puis n'oublions pas que tant en 1997 qu'en 1998, les plus hauts de l'année avaient été atteints entre la deuxième moitié de juillet et la première semaine d'août. Depuis le début de l'année, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles a gagné plus de 20%. Pas si mal si l'on y ajoute les gains réalisés sur le dollar.

* Pictet & Cie.