Semaine difficile à Wall Street; les baissiers ont eu de quoi se réjouir avec une pluie de mauvaises nouvelles. Au niveau économique, les prix à la consommation confirmaient la poussée inflationniste plus forte que prévu en janvier observée la semaine précédente avec les chiffres des prix à la production. Stagflation, ce terme est revenu dans la bouche des opérateurs après la publication de la statistique des prix et a alimenté la morosité prévalant sur le marché américain pendant la semaine.

Le secteur technologique apportait à nouveau son lot de déceptions. Tour à tour, Agilent, EMC Corp., Motorola et Sun Microsystems annonçaient des perspectives de revenus ou de profits en dessous des attentes pour la suite de l'année. Le commentaire du PDG de Cisco, John Chambers, sur l'impact potentiel de la faiblesse de l'économie américaine pour le reste du monde n'a certainement pas aidé la psychologie du marché.

Mardi, le secteur du commerce de détail était relativement bien inspiré par les résultats de Wal-Mart montrant des ventes relativement robustes et les commentaires encourageants du management. Il succombait ensuite à de nouvelles prises de profits à cause de la peur d'une reprise de l'inflation. L'annonce inattendue du retrait du cofondateur de Home Depot, Arthur Blank, provoquait une réaction négative sur ce titre. De plus, Radio Shack, le vendeur d'appareils électroniques, révisait ses attentes de croissance pour l'année 2001, ce qui contribuait à la faiblesse du secteur.

La correction touchait également des titres ayant bien résisté jusqu'ici, et même les secteurs relativement insensibles à l'économie n'étaient pas épargnés par l'ambiance négative. Les banques d'investissement souffraient de leur exposition présumée aux valeurs technologiques. Lors de la conférence annuelle CAGNY, Coca-Cola annonçait une augmentation substantielle de ses dépenses de marketing en 2001 qui entraînera un impact négatif pour les bénéfices.

Le marché américain semble proche d'une phase de capitulation où typiquement plus aucun secteur ne représente un refuge. Une opportunité d'achat devrait se matérialiser dans un futur pas trop éloigné.

* Pictet & Cie.