Technologie

Le marché des bracelets connectés est en crise

Après la faillite du fabricant Jawbone, Fitbit est désormais en danger

Et si le marché des bracelets connectés allait disparaître? Perçu comme extrêmement prometteur il y a peu, ce secteur traverse aujourd’hui une crise majeure. Il y a une semaine, le fabricant américain Jawbone faisait faillite. Les regards se portent désormais sur Fitbit, qui se trouve en difficulté. La concurrence des montres connectées, voire des smartphones eux-mêmes, fait un tort considérable aux bracelets.

Jawbone a beau avoir été fondé en 1998 déjà, et avoir été valorisé 3,2 milliards de dollars en 2014, il n’a pu résister à cette crise. Malgré plusieurs centaines de millions de francs levés – dont 165 millions en 2016 de la part du fonds d’investissement du Koweït –, la société basée à San Francisco n’a pas pu faire face à la désaffection des consommateurs. Jawbone, qui avait aussi lancé des enceintes musicales portables, avait popularisé les bracelets capables de mesurer le nombre de pas quotidiens et d’analyser le sommeil.

Fitbit détrôné par Apple

Les regards se tournent désormais vers Fitbit. La société de San Francisco a perdu, ce printemps, son statut de numéro un mondial des «wearables» (objets connectés à porter) au profit d’Apple. Fitbit avait écoulé 4,5 millions de bracelets au premier trimestre 2016, un chiffre qui a chuté à 2,9 millions d’unités début 2017, sa part de marché s’effondrant de 24,7 à 13,2%. Ce secteur a des caractéristiques étranges, puisqu’il mêle tant des bracelets que des montres connectées («smartwatches»). Apple ne donne pas de chiffres de ventes pour sa montre, mais les analystes estiment qu’ils ne sont pas bons. Du coup, le fait que cette société soit passée numéro un (avec 15,9% du marché) en dit long sur le désintérêt des clients pour les bracelets connectés.

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En Suisse aussi, les bracelets se font supplanter par les montres, comme le remarque le premier site de vente d’appareils électronique, Digitec. «Les smartwatches vont continuer à prendre des parts aux bracelets de fitness. Les fabricants de montres ajoutent sans cesse des fonctions de sport, telles que le suivi par GPS, la mesure du pouls ou des applications de santé. Et de nombreuses smartwatches sont désormais insensibles à l’eau, ce qui leur permet d’être utilisées pour de nombreux sports», estime un spécialiste de Digitec.

Action en baisse de 82%

Fitbit, aussi attaqué par le fabricant chinois Xiaomi, tente de réagir. Il doit lancer d’ici à fin 2017 une véritable montre connectée. Pour l’heure, la société de San Francisco a fait évoluer le design de ses bracelets pour les faire ressembler à des montres – par exemple le modèle Blaze, vendu environ 180 francs. Le problème, comme le soulignait récemment Bloomberg, c’est qu’une montre connectée a besoin, pour être attirante, de posséder un écosystème: un système d’exploitation propre, des applications et des services attractifs, comme un service de paiement dans les magasins.

Pour rester dans le coup, Fitbit a multiplié les acquisitions, déboursant ces derniers mois 15 millions de dollars pour racheter la société Vector Watch SRL et 23 millions pour son rival historique Pebble. Mais Fitbit est sous pression. Depuis son entrée en bourse mi-2015, son action a chuté de 82%. Au premier trimestre, la société a perdu 34 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 299 millions.

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