Le groupe zougois Agie Charmilles respire la forme. Il a bouclé ses comptes 2000 avec un bénéfice net en hausse de 112%, à 78,9 millions de francs. Les deux autres résultats principaux, l'EBIT (bénéfice d'exploitation) et l'EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) ne sont pas demeurés en reste, bondissant respectivement de 124% à 112,4 millions de francs, et de 95% à 134,9 millions de francs. Sur cette base, un dividende de 6 francs par action, ce qui représente une hausse de 70%, sera proposé lors de l'assemblée générale agendée au 15 mars prochain. Quant au chiffre d'affaires du groupe, il a augmenté de 39% pour dépasser 1,2 milliard de francs. Les ventes ont particulièrement bien marché en Asie et au Brésil (+120%).

Bonne politique sociale

Les perspectives pour l'exercice en cours restent bonnes mais dépendent en large part de l'évolution de la conjoncture américaine, a précisé dans son communiqué la firme zougoise. La situation économique en Asie lui «inspire confiance» mais, souligne le groupe, «certains risques liés à l'évolution des taux de change subsistent». Agie Charmilles espère aussi pour 2001 des retombées positives du marché brésilien.

La progression du chiffre d'affaires de l'exercice 2000 est notamment due à l'intégration du secteur des machines à fraiser de Mikron, acquis en août 2000. Selon Agie Charmilles, ces activités pèsent environ 180 millions de francs en termes de chiffre d'affaires, et occupent 340 employés. Selon le communiqué de la société zougoise, «les centres d'usinage qui continuent d'être commercialisés sous la marque Mikron ont généré un chiffre d'affaires de 101 millions de francs pendant les cinq mois qui ont suivi la reprise par Agie Charmilles.

Evolution favorable du titre

La bonne marche des affaires se reflète également dans la politique sociale d'Agie Charmilles. L'effectif s'est étoffé de 559 collaborateurs pour atteindre un total de 3118 postes de travail contre 2559 à fin 1999. Cette hausse du nombre de salariés reste moins importante que celle du chiffre d'affaires ou des résultats, démontrant que la société zougoise est parvenue à maîtriser ses coûts.

En Bourse, le cours de l'action nominative Agie Charmilles évolue beaucoup plus favorablement que celui de sa maison mère, le groupe schaffhousois Georg Fischer, qui domine la firme en contrôlant 70% de son capital. La société zougoise est proche de son sommet atteint au cours des douze derniers mois, qui s'est établi à 201 francs. En revanche, le titre Georg Fischer se traîne autour des 470 francs, alors qu'il avait atteint un plus haut de 569 francs. Plus profilé que son actionnaire de référence, le groupe Agie Charmilles a l'avantage de dominer son secteur, celui des fournisseurs de systèmes pour le marché de la fabrication d'outils et de moules.

Le groupe Agie Charmilles est issu d'une fusion qui s'est déroulée en 1996 entre la firme tessinoise Agie (AG for Industrial Electronics) et la compagnie genevoise Charmilles, créée dans le quartier de la Servette en 1861. Charmilles vient de présenter une nouvelle gamme de machines (Le Temps du 8 février) qui pourrait permettre à sa clientèle des gains de

productivité estimés entre 30 et 35%.