L'Exchange Traded Fund (ETF) est apparu à la Bourse suisse en 2001. Aujourd'hui, la Suisse est le deuxième plus grand marché en Europe, selon Chris Sutton, directeur de ishares Europe & Asia ex Japan. Ishares est le nom du programme ETF de Barclays Global Investors (BGI), leader de cet énorme marché. Dans le monde, la fortune gérée en ETF atteint 336 milliards de dollars, à fin juin, dont 40,5 milliards en Europe.

L'ETF est l'un des instruments qui s'offrent à l'investisseur pour acheter ou vendre un indice, qu'il s'agisse d'actions ou d'obligations. Sa performance est égale à celle de l'indice, réduite d'une faible commission (entre 0,15% pour les ishares sur les blue chips européennes et 0,74% sur les actions chinoises). Dix ishares sont cotés en Suisse, dont 9 sur des indices d'actions, le plus grand étant sur l'indice DJ Euro 50. Cet instrument diffère d'un fonds de placement d'abord par sa transparence. En effet, il est traité comme une action et non pas uniquement sur le cours de clôture. Et sa liquidité est double: en effet, les ordres d'achat et de vente sont d'une part absorbés par le volume boursier (marché secondaire) et d'autre part à travers la capacité des participants au marché (PM) à gérer le nombre de titres émis par un processus de création et de remboursement qui absorbe les larges blocs de titres.

Chris Sutton, à Zurich cette semaine pour annoncer que les ishares sont sponsors d'une course cycliste réputée, la «Züri Metzgete», répond aux questions du Temps.

Le Temps: Quelle est votre stratégie de marketing pour les ishares?

Chris Sutton: Le premier élément est éducatif. Les ETF sont nouveaux pour quantité d'investisseurs. Le second est d'expliquer l'utilité exacte des ishares et leur transparence, avec des cours publiés en ligne à tout moment sur le site internet de ishares.

– Après le boom des cinq premières années, est-ce que vous prévoyez un ralentissement de la croissance du marché?

– Chaque année, la croissance augmente avec l'arrivée de nouvelles catégories d'investisseurs, notre marketing, de nouvelles possibilités d'investissement. Je prévois même une accélération. Le volume de ishares devrait doubler en deux ans. Regardez les Etats-Unis: pour la première fois, l'an dernier, le volume issu des investisseurs privés a pour la première fois dépassé celui des institutionnels. Si vous considériez ishares comme une compagnie américaine de fonds de placement, nous serions numéro trois.

– Est-ce qu'avec un ETF l'écart entre offre et demande (spread) constitue un coût caché qui réduit son avantage par rapport à un fonds de placement?

– L'écart est très faible par rapport aux actions sous-jacentes. Il lui est même parfois inférieur, à l'exemple de l'ishare sur l'indice MSCI Japan. L'écart sera inférieur à celui que vous obtiendrez sur les principales actions japonaises, Toyota ou Sony. Ceci pour deux raisons, parce que les ishares donnent accès aux actions sous-jacentes, mais aussi en raison du négoce en ishares lui-même. D'ailleurs, les hedge funds utilisent les ishares pour se mouvoir rapidement. Ils peuvent traiter par exemple lorsque ces marchés sont fermés. Enfin, le fait que certains ishares soient cotés sur plusieurs places européennes accroît la concurrence sur les prix.

– Comment un investisseur peut juger la qualité d'un ETF?

– La taille est importante ainsi que sa performance, c'est-à-dire sa capacité à vraiment suivre l'indice de près.