Planète finance

Le marché haussier le plus détesté du monde

Les actions poursuivent leur progression malgré l’échec électoral de Theresa May. La croyance qu’une révolution est en cours l’emporte sur les risques liés à une erreur stratégique d’une personnalité politique

Même en imitant le Jacques Chirac de 1997, Theresa May ne parvient pas à faire dérailler le marché haussier amorcé l’été dernier. Involontairement, la première ministre britannique a pourtant fait de son mieux pour fragiliser les investisseurs. En perdant les élections générales anticipées en Grande-Bretagne, elle a fragilisé sa position de négociatrice du Brexit, position qu’elle espérait renforcer à travers les urnes. Exactement comme Jacques Chirac avait dû nommer un premier ministre d’opposition après avoir dissous l’Assemblée nationale française, il y a tout juste dix ans, dans l’espoir d’éviter une cohabitation un an plus tard.

En conséquence, une très britannique brume entoure désormais le Brexit. Sera-t-il dur? Mou? Favorable à Londres ou à Bruxelles? Vendredi, la livre sterling a joué son rôle d’amortisseur. Mais les marchés actions ont progressé quand même. L’erreur stratégique de Theresa May ne pèse pas lourd face aux forces qui soutiennent la hausse des actions européennes et américaines.

Bonnes données économiques

Depuis le début de l’année, les résultats des entreprises ont été très solides de part et d’autre de l’Atlantique. Les données économiques se révèlent un peu meilleures que prévu. Le cash est omniprésent, à l’affût d’opportunités. Et, surtout, tout cela s’est produit sans qu’aucune réforme majeure soit menée à Washington ou à Bruxelles.

Une progression durable de 10% des bénéfices au cours des prochaines années semble tout à fait possible. Alors imaginez si la moindre réforme finissait par être conclue. Ce serait la période la plus favorable pour les actions depuis des décennies. Elle se terminera en bulle, aucun doute là-dessus, mais de nombreux observateurs estiment que nous en sommes encore loin.

Oui, les valorisations des géants de la technologie sont élevées, mais elles ne sont pas chères, nous expliquait récemment un responsable d’investissement. Car ce secteur tire tout le mouvement de révolution dans la manière de travailler, de consommer, de produire des bénéfices. Par le passé, ce rôle avait été joué par le secteur du transport ou du pétrole.

Huit ans après le traumatisme de la crise financière, cette situation parfaite conserve des opposants. Ils détestent franchement ce marché haussier qui a complètement dissous les anciennes grilles de lecture. Avec succès, lui.

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