Les taux des prêts interbancaires ont poursuivi mardi leur repli. Les plans massifs de recapitalisation des banques annoncés entre dimanche et mardi, ainsi que la promesse de garantie des prêts interbancaires ont eu un effet bénéfique sur ce marché.

Le «London interbank offered rate» (en français, «taux interbancaire offert à Londres») à trois mois a reculé de 2 points de base (centièmes de pour cent) en francs, à 3,1%. Le repli a été plus marqué en euros, -0,7375% à 5,225%. En dollars, il a été de -0,1175% à 4,635%.

«Tout le monde réclamait des interventions politiques coordonnées, et ce qui a été fourni», relève Patrick Bennett, un stratège en devise chez Société Générale cité par Bloomberg. «Je pense que le marché est en train de se dégeler. Ces annonces «ont été bien reçues par les marchés», puisqu'elles portent sur des montants «assez significatifs» et ont été «perçues comme pertinentes, et adaptées pour résoudre l'essentiel de la crise actuelle», selon les stratèges de BNP Paribas cités par l'AFP.

Il reste que la situation est loin d'être revenue à la normale. Les écarts entre les interbancaires publiés chaque jour par la British Bankers'Association restent sans comparaison avec les cibles des banques centrales: respectivement 2,5% en Suisse, 3,75% dans la zone euro et 1,5% aux Etats-Unis. Les écarts, qui sont habituellement de l'ordre de quelques fractions de pour cent sont montés à des niveaux astronomiques, amplifiés par les baisses de taux décidées la semaine dernière par les banques centrales, et y restent encore: 0,6% en Suisse, 1,475% dans la zone euro et 3,135% aux Etats-Unis.

Le choc Lehman Brothers

Il s'agit d'une conséquence de la panique provoquée dans l'industrie de la finance par la faillite de Lehman Brothers, à la mi-septembre. Le choc a fait craindre des faillites en cascade. Déjà peu enclines à se prêter entre elles depuis l'éclatement de la crise financière, les banques sont devenues encore plus craintives. La situation s'aggravait de jour et jour et les entreprises commençaient à être confrontées à un assèchement du crédit. D'où les interventions de ce week-end.

Autre signe que le marché reste tendu: les montants que les banques ont déposés au jour le jour auprès de la Banque centrale européenne atteignent 182,2 milliards d'euros, contre 154,7 milliards le 10 octobre. Les prochains jours seront donc cruciaux. Une poursuite de la détente des taux signifie que le marché des prêts entre banques pourrait repartir. Mais, au moindre incident, un nouveau blocage sera possible.