Conjoncture

Le marché intérieur suisse décollera en 2018

La consommation des ménages et les investissements des entreprises vont tirer le produit intérieur brut vers le haut. En 2017, les exportations suisses ont joué un rôle moteur

La consommation privée devrait connaître une solide augmentation l’an prochain en Suisse, estiment les experts d’UBS. Ces derniers se basent sur l’évolution de l’indice de la consommation de la grande banque cet automne.

En novembre, l’indice UBS de la consommation s’est fixé à 1,67 point, contre 1,68 (révisé de 1,54 point) en octobre, a indiqué mercredi l’établissement bancaire. Les valeurs des mois précédents ont été significativement corrigées à la hausse, grâce à une croissance «étonnamment forte» du nombre de nuitées en été.

En novembre, les immatriculations de voitures neuves se sont révélées légèrement inférieures à leur niveau des derniers mois, malgré une progression de 1,3%. La performance a constitué tout de même le meilleur mois de novembre depuis cinq ans. Après onze mois en 2017, les ventes ont avancé de 0,3% sur un an à près de 283 000 unités.

Salaires réels pas au beau fixe

La prévision d’une année 2018 dynamique en matière de consommation se fonde sur le récent développement conjoncturel «robuste» de l’économie suisse, précisent les experts d’UBS dans un communiqué. Le rebond de la consommation interviendra, en dépit d’une hausse du taux d’inflation qui pénalisera quelque peu les salaires réels.

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UBS attend ainsi une croissance de 1,3% de la consommation l’an prochain en Suisse. Le niveau de l’emploi, légèrement en augmentation (+ 0,5% au 3e trimestre 2017, mais un taux inférieur à la moyenne à long terme de +1,1%), devrait aussi apporter un soutien au phénomène de relance, estime la banque dans son commentaire mensuel.

L’indice UBS de la consommation signale, avec une avance d’un à trois mois par rapport aux chiffres officiels, l’évolution de la consommation des ménages en Suisse. Celle-ci est, avec une part de plus de 50%, de loin la plus importante composante du produit intérieur brut (PIB) helvétique. Ce dernier est calculé à partir de six éléments ayant trait à la consommation: immatriculations de véhicules neufs, évolution des affaires du commerce de détail, nombre de nuitées hôtelières de touristes suisses en Suisse, indice du climat de consommation, évolution de l’emploi et chiffre d’affaires réalisé avec des cartes de crédit dans les points de vente suisses par le biais d’UBS.


Les analyses financières optimistes

L’indice Credit Suisse CFA Society Switzerland qui mesure les attentes des analystes financiers pour l’économie suisse sur les six prochains mois a atteint un plus haut niveau depuis avril 2010. Ce niveau d’attente était déjà établi il y a un mois, mais dans une ampleur moins soutenue, confirme mercredi le dernier sondage réalisé par Credit Suisse et l’institut CFA. L’indice relevé par les deux établissements a grimpé à 52 points en décembre, après 40,7 points en novembre.

Pour 56% de sondés, l’économie suisse devrait s’améliorer et seuls 4% s’attendent à une détérioration. Les experts misent sur un rebond des exportations au cours des six prochains mois, un niveau inédit depuis près de cinq ans, en avril 2013.

La bourse au beau fixe

Environ la moitié des spécialistes table sur un maintien du taux de change de l’euro, à plus de 1,17 franc, soit son plus haut niveau depuis l’abandon du cours plancher en janvier 2015, tandis que 32% s’attendent à un affaiblissement plus marqué encore du franc. A l’opposé, 20% anticipent un renchérissement de la devise helvétique.

Quant aux marchés des actions, en verve ces derniers mois, ils devraient confirmer leur mouvement favorable. Les analystes financiers sont 79% à prévoir une progression de la bourse suisse. Les taux sont comparables pour la zone euro (83%) et les Etats-Unis (79%).

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