Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

perspectives

Le marché de l’art vole de record en record

Les ventes aux enchères d’œuvres d’art dans le monde ont augmenté de plus de 13% l’an dernier, à 12,05 milliards de dollars

Le marché de l’art vole de record en record

Perspectives Les ventes aux enchères d’œuvres dans le monde ont augmenté de plus de 13% l’an dernier, à 12,05 milliards de dollars

C’était le 12 novembre dernier lors d’une vente aux enchères réalisée par Christie’s à New York. Les passionnés – pris de vertige – n’en finissaient pas de renchérir. Finalement, le triptyque du peintre britannique Francis Bacon, consacré à Lucian Freud – œuvre de toutes les convoitises –, avait été alloué pour la somme de 142,4 millions de dollars (127 millions de francs). Un record mondial et, corollaire, l’expression de l’excellente santé du marché de l’art. A tel point que ce segment (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes) a tout simplement lui aussi enregistré une année à nulle autre pareille. Le produit des ventes aux enchères d’œuvres d’art dans le monde a augmenté de plus de 13% en 2013, à 12,05 milliards de dollars, un record historique, selon les données de la société Artprice.

«Cette année faste a été portée par une demande mondialisée avec notamment des acheteurs d’Asie, du Moyen-Orient et de Russie, qui jouent un rôle crucial dans la bonne tenue du marché», a commenté Thierry Ehrmann, fondateur et patron d’Artprice. «Dans le fond, les marchés financiers ne délivrent pas des performances exceptionnelles. Du coup, de plus en plus d’investisseurs viennent aussi sur le marché de l’art. Et comme les collectionneurs traditionnels continuent d’acheter par amour, l’écart entre la demande et l’offre d’œuvres d’art se creuse encore davantage», analyse Eveline de Proyart, vice-présidente chez Christie’s à Genève. «L’année passée, 134 pays étaient représentés dans nos ventes et nous avons enregistré 17% de nouveaux acheteurs. Leur participation a notamment contribué à la forte croissance de nos ventes d’art impressionniste et moderne et d’art asiatique, respectivement en hausse de 21% et 50%», témoigne Caroline Lang, présidente de Sotheby’s Suisse.

Il faut dire que les cartes ont été rebattues ces dernières années, notamment sous l’impulsion des tigres asiatiques, Chine en tête. L’Empire du Milieu, avec des ventes de 4,078 milliards de dollars (+21%), est tout simplement le leader mondial en la matière. Suivent, pas très loin, les Etats-Unis, avec 4,016 milliards de dollars, en hausse de 20%, d’après Artprice. Ces deux nations se taillent d’ailleurs la part du lion puisqu’elles représentent à elles seules les deux tiers du marché de l’art. Soit 33,84% des parts pour la Chine et 33,33% pour les Etats-Unis. Si l’un d’eux tousse, c’est tout le marché qui s’enrhume. Exactement ce qui s’était produit en 2012, avec une baisse de plus de 9%, résultat d’une forte contraction chinoise.

Même tendance en 2014

Les records de l’an dernier sont un peu les arbres qui cachent la forêt. Fabien Bouglé, consultant en gestion de patrimoine artistique à Saint Eloy Art Wealth Management, parle d’un marché à deux vitesses. «Seules les œuvres de grande qualité s’arrachent. L’œuvre intermédiaire a beaucoup plus de mal à se vendre», a-t-il indiqué récemment au Monde.

Quid cette année? Le panorama semble positif. «J’ai l’impression que l’on est parti sur la même tendance que l’an dernier», selon Eveline de Proyart. Pour preuve, un portrait peint par Francis Bacon, lui encore, a été vendu plus de 42 millions de livres (62 millions de francs) jeudi dernier par Christie’s à Londres.

Pour Caroline Lang, les premiers mois de 2014 ont confirmé le dynamisme du marché. «Au cours des semaines passées, les ventes d’art impressionniste, moderne et contemporain de Sotheby’s à Londres ont totalisé plus de 478 millions de francs, avec plus de 80% des lots vendus», a-t-elle dit. Eveline de Proyart note toutefois qu’il devient très ardu de trouver des pièces exceptionnelles pour une mise à l’encan, notamment chez les peintres impressionnistes. «La plupart de ces œuvres ont déjà été mises sur le marché ou alors sont dans des musées.» A l’inverse, la situation pour les tableaux d’après-guerre ou pour la photographie s’avère moins tendue.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

Pourquoi les smartwatches finissent-elles dans les tiroirs des tables de nuit?

Les smartwatches sont à la mode. De nombreuses marques horlogères lancent leur modèle (Apple, TAG Heuer, Samsung, etc.). Mais ces montres connectées ne semblent pas techniquement abouties. Nos explications

Pourquoi les smartwatches finissent-elles dans les tiroirs des tables de nuit?

n/a