Le ralentissement de la croissance économique n'a pas exercé d'incidence majeure sur le marché du logement en Suisse, qui reste toujours aussi tendu. Comme il ressort de l'étude de marché annuelle de Wuest & Partners, la dégradation de l'économie n'a affecté que l'investissement dans la construction de maisons individuelles, en diminution, et dans l'acquisition de logements en propriété, ralentie. L'offre d'appartements en location reste faible en regard de la demande, en sorte que l'on compte pour 2003 avec une nouvelle augmentation moyenne des loyers de 2%, en ligne avec l'évolution des douze derniers mois.

Selon Wuest & Partners, les Suisses ne renoncent à un certain niveau de confort qu'au moment où ils estiment que leur situation financière devient précaire. Pour le moment, la plupart d'entre eux pensent que leurs ressources resteront à un niveau positif dans les mois à venir. Aussi la tendance à conserver ou à trouver des appartements en location de 4 ou 5 pièces (plus cuisine) reste forte, et c'est dans ce secteur-là que les augmentations ont été et resteront les plus marquées. La même chose vaut pour le choix de l'emplacement, les lieux «bien situés» restant les plus recherchés. Pour les appartements de moins de pièces (moins de trois pièces, plus cuisine), et/ou moins bien situés, la demande est plus faible et le niveau du loyer, presque stagnant. A noter également que la tendance à vouloir habiter au centre des agglomérations s'est renforcée, tout comme celle de rechercher des logements neufs de préférence aux anciens.

Moins de logements vacants

En raison du faible niveau de la construction d'immeubles neufs de ces dernières années, le taux d'appartements en location vides est de 1,6% (moins de 33 000 logements vacants), mais selon Wuest & Partners, le redémarrage de la construction indique que le manque de logements vacants ira en diminuant. La rareté des appartements locatifs neufs contribue à leur cherté: dans ce secteur-là, les loyers ont augmenté de 15% dans les douze derniers mois.

Pour ce qui est des logements en propriété, on note un certain décalage entre l'offre et la demande, ainsi qu'une incidence déjà sensible du ralentissement de la croissance. D'une part, beaucoup de gens voudraient être propriétaires de leurs murs, mais aimeraient une maison particulière plutôt qu'un appartement. Du côté de l'offre, cependant, on met plutôt sur le marché des appartements. D'autre part, la construction de villas s'est ralentie, faute de certitude quant à la situation financière. Le nombre des demandes d'autorisation et des autorisations accordées a également diminué. Les prix devraient donc se stabiliser. A noter qu'ils ont fortement progressé en Suisse romande, particulièrement dans la région lémanique. Si Zurich et Zoug restent les centres les plus chers, tant pour la location que pour l'acquisition, Genève les talonne. Globalement, de toute manière, les loyers continueront à augmenter en 2003.