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Le marché mondial de la microfinance va plus que doubler d’ici à 2019

Ce mode de financement croîtra de 15 à 20% l’an prochain, prévoit une étude réalisée par ResponsAbility. Les rendements générés évoluent de manière stable autour de 3%

Le marché de la microfinance va plus que doubler d’ici à 2019

Fonds Le secteur devrait croître de 15 à 20% l’an prochain, prévoit ResponsAbility

Les rendements se situent à plus de 3% au troisième trimestre

Confinée à une activité de niche il y a dix ans, la microfinance gagne en importance. En 2015, le marché mondial de la microfinance devrait croître de 15 à 20%, prévoit une étude sur les perspectives de ce secteur présentée par ResponsAbility mardi à Zurich.

Cet essor devrait se poursuivre durant les années suivantes: alors que les trente marchés nationaux les plus importants pour la microfinance disposent actuellement d’une capacité estimée à 5,7 milliards de dollars, elle devrait avoisiner les 14 milliards en 2019. L’étude, effectuée en collaboration avec 32 experts de la microfinance opérant sur les principaux marchés concernés, a été réalisée en appliquant un modèle économétrique permettant d’estimer le développement probable des marchés à moyen terme.

Cette progression sera soutenue par plusieurs facteurs. Premièrement, les 20 pays les plus importants pour la microfinance affichent un taux de croissance supérieur à ceux des pays industrialisés, avec un écart de l’ordre de 2%. Selon des données émanant du FMI, les pays où ce mode de financement s’est le plus développé verront la croissance de leur produit intérieur brut s’accélérer de 4,4%, actuellement, à environ 5% ces cinq prochaines années.

Deuxièmement, la croissance de la microfinance sera soutenue par trois régions: les pays de la côte ouest de l’Amérique du Sud et ceux de l’Amérique centrale, l’Asie-Pacifique et l’Afrique. L’épidémie d’Ebola se concentre avant tout autour de trois pays ouest-africains, a rappelé Christian Etzen­sperger, analyste chez ResponsAbility. «L’Afrique de l’Est continue de se développer positivement», a-t-il souligné.

Même l’Inde, où ce mode de financement a été affecté par une perte de crédibilité au début de la décennie, devrait connaître un développement positif. Au final, ce secteur stagne seulement en Russie, relève l’étude.

Côté rentabilité, le rendement du capital réalisé par les institutions de microfinance est passé de 3,9% au début de 2012 à 2,7% à la mi-2014, avant de remonter au-dessus de 3% durant le dernier trimestre. Dans un contexte de faible niveau des taux d’intérêt, les rendements générés par la microfinance restent attrayants, en particulier pour les investisseurs institutionnels qui doivent atteindre un taux minimal de rentabilité, a observé Markus Beeler, responsable du développement des produits chez ResponsAbility.

En comparaison, un rapport publié en février par la société genevoise de microfinance Symbiotics, évaluait à 4,2% le rendement net moyen par an réalisé par les fonds suisses de microfinance.

Quel serait l’impact d’une remontée des taux d’intérêt, anticipée notamment aux Etats-Unis, sur la microfinance? L’étude relativise l’impact d’un tel scénario. Certes, l’expérience démontre que les capitaux se retirent des marchés émergents lorsque les économies développées émettent des signaux clairs de hausse des taux. Mais ces effets devraient rester «très limités», selon l’étude. La microfinance est en effet étroitement liée à l’économie réelle locale d’un pays, qui est peu affectée par les fluctuations sur les seuls marchés financiers.

Face au faible niveau des taux d’intérêt, les rendements générés par la microfinance restent attrayants

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