Economie

Le marché nippon bien orienté

Les gérants affichent une grande confiance dans les petites capitalisations.

«La performance du marché japonais dépendra de l'économie. Or les indicateurs sont favorables. Les deux années à venir s'annoncent très excitantes», s'est félicité à Londres Hideo Shiozumi, à la conférence annuelle de Legg Mason. Ce gérant, ancien collaborateur de George Soros, relève que «la reprise, caractérisée par les restructurations réussies des entreprises, est en train de se transmettre aux consommateurs, dont les salaires se redressent alors que le marché de l'emploi s'améliore. Si elle tient bon cette année, elle sera la plus longue en soixante ans». Le marché japonais restera bien orienté, même s'il ne faut plus escompter d'aussi fortes progressions que ces trois dernières années. «Mais les risques de baisse sont très limités», affirme Hideo Shiozumi.

D'autant que «le remplacement de Junichiro Koizumi au poste de premier ministre ne devrait pas ralentir le rythme des réformes», estimait jeudi à Genève Koji Suzuki, qui gère chez Sparx des petites et moyennes valeurs pour Lombard Odier Darier Hentsch. Autre facteur de soutien, l'intérêt grandissant pour la Bourse des particuliers, dont plus de 50% de la richesse financière dort sur des comptes de dépôts. «Il suffirait qu'ils en affectent 1% aux actions pour que leurs achats dépassent ceux des étrangers», estime Hideo Shiozumi.

Selon lui les petites et moyennes sociétés sont mieux placées que les grosses pour profiter de cet environnement et accroître leurs parts de marché. «Elles bénéficient de la dérégulation et de la tendance des grosses sociétés à externaliser. Leurs bénéfices progressent de 40% l'an et leurs valorisations restent très attractives.»

Qui plus est, contrairement aux grosses capitalisations, elles recourent peu à la dette et seront donc moins sensibles à la remontée des taux d'intérêt. Autre avantage, elles sont orientées sur le marché domestique et ne risquent pas d'être affectées par l'appréciation du yen qui en découle. Koji Suzuki partage cet optimisme. Après avoir pâti du scandale Livedoor en début d'année, ce segment de marché ne manquera pas de se redresser, selon lui. Le déclencheur du rebond pourrait être la publication des résultats au titre du premier trimestre.

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