Durant l'été, les actions américaines ont reflété les inquiétudes du «soft patch» ou ralentissement temporaire attendu de l'économie. La semaine écoulée, toutefois, le U.S. Bureau of Economic Analysis a révisé son estimation de la croissance du PIB du 2e trimestre 2004 de 2,8 à 3,3%. Au cours des 10 dernières années (mais également des 40 dernières années), le taux de croissance annualisé du PIB réel a été de 3,3%. Bien que ce taux reste plus faible que celui de 4,5% observé durant le premier trimestre, nous considérons qu'un taux de 3,3% est normal plutôt que faible. Nous estimons que la croissance s'est accélérée à +4% au troisième trimestre et attendons +3,7% au quatrième trimestre.

Le plus gros nuage assombrissant les perspectives économiques, selon nous, ce sont les prix de l'énergie. Chaque récession depuis les années 1970 a été associée à des flambées des prix du pétrole, et tout le monde avait cet historique à l'esprit lorsque le prix nominal du baril a touché son plus haut niveau de tous les temps la semaine dernière. L'autre tendance historique que l'on tend à oublier est que les hausses de taux ont aussi été associées à toutes les récessions depuis au moins 1957.

Nous prévoyons que les prix de l'énergie (en supposant qu'ils se maintiennent aux niveaux actuels) agiront comme un frein à la croissance en 2005. Toutefois, les taux courts restant à leurs plus bas niveaux depuis plusieurs décennies, nous estimons difficile que même un baril de pétrole à 50 dollars puisse entraîner l'économie américaine dans la récession. La combinaison prix élevés du pétrole et politique monétaire accommodante devrait déboucher sur une croissance moyenne de 3,3% en 2005, en ligne avec le taux de croissance à long terme. Bien que la Fed continue à relever les taux (jusqu'à 3-3,5% d'ici à fin 2005), nous estimons que le taux restera accommodant (inférieur au niveau «neutre» de 4,5%) durant tout ou partie de 2005.

En conclusion, l'économie américaine et son marché des actions devraient rester attractifs pour les investisseurs pour cette fin 2004, ainsi que pour 2005. Cependant, nous devons rester attentifs au prix du pétrole ainsi qu'aux futurs chiffres économiques.