Al'évidence, la constitution des indices boursiers et particulièrement la méthodologie qui la régit sont au centre des discussions au sein de nombreuses maisons de gestion ces dernières semaines. La clé du débat réside dans la notion de «free float» ou flottant, à savoir la proportion du capital accessible pour les investisseurs.

Deux phénomènes récents ont généré des frustrations intenses au sein de la communauté des gérants actifs de fonds: d'une part l'introduction dans certains indices boursiers à pleine pondération de grandes sociétés partiellement privatisées comme Deutsche Telekom ou France Télécom – créant une demande gigantesque sur ces titres alors que leurs fondamentaux du moment ne le justifiaient sans doute pas – et d'autre part le poids grandissant de la gestion indicée, qui mécaniquement dirige des masses importantes de fonds vers ces titres. Suite à l'initiative récente de deux fournisseurs d'indices (STOXX et FT) qui proposent de ne prendre en compte désormais que le flottant, les regards se tournent maintenant vers le leader du secteur, MSCI, pour connaître sa stratégie en la matière.

Beaucoup d'observateurs s'attendent à ce que la notion de flottant (en remplacement des capitalisations boursières) soit à l'avenir largement retenue et se traduise par conséquent en des réaménagements significatifs des indices. Le principal bénéficiaire en Europe serait l'Angleterre, mais la Suisse suivrait de près en voyant son poids augmenter également dans les indices. Ce support bienvenu pourra permettre à la cote helvétique de renforcer sa performance relative positive enregistrée depuis mars, à savoir depuis que la rotation sectorielle mondiale a induit un retour d'intérêt acheteur vers les valeurs défensives, largement présentes dans nos indices.

* UBP Gestion Institutionnelle.