Georg Fischer s'est mué ces dernières années. Il est passé d'un fabricant de machines incomplet, subissant la forte dépendance d'une société de sous-traitance automobile, à une entreprise ciblée comprenant quatre domaines principaux. A côté de fortes positions sur le marché, une répartition des résultats équilibrée a également été atteinte. Dans la technique automobile (30% du chiffre d'affaires en 1998), des composants coulés de grande valeur sur le plan de la sécurité ont été produits pour l'industrie automobile. Avec 40% de parts de marché en Europe, Georg Fischer est la plus grande fonderie indépendante. Dans le domaine des systèmes de tuyauterie (21% du chiffre d'affaires en 1998), Georg Fischer est le leader du marché européen avec l'anglais Glynwed, chacun s'adjugeant 12% de parts de marché. Dans le domaine de l'électroérosion par étincelage (30% du chiffre d'affaires en 1998), sa filiale Agie Charmilles est le leader mondial avec environ 40% des parts de marché. Au sommet de la hiérarchie mondiale se trouve également la «construction d'installations» (19% du chiffre d'affaires 1998) où sont réalisés les systèmes de fonderie et les installations de traitement des matières synthétiques.

Passons à la stratégie du groupe. Avec sa «vision 2002», Georg Fischer pense doubler son chiffre d'affaires par rapport à 1997, pour atteindre les 6 milliards de francs suisses et tripler son bénéfice net, soit 300 millions de francs. Cet objectif devrait être réalisé d'abord par la globalisation des travaux de fonderie. Un premier pas sera constitué par l'établissement d'une production propre en Amérique. Le moment opportun dépendra moins des acquisitions que du rythme d'expansion des constructeurs automobiles allemands sur le marché américain, qui souhaitent entraîner Georg Fischer dans leur développement en tant que fonderie sous-traitante. Parmi les clients habitués, on trouve Ford et GM (Opel), qui connaissent une demande certaine en Amérique. La raison principale de cette collaboration réside – à part une relation commerciale vieille de plusieurs années – dans la force technologique de Georg Fischer. En Europe, la fonte de métaux légers doit être renforcée, ce qui souligne l'acquisition de «mb guss Metallbearbeitung», qui présente un chiffre d'affaires de 140 millions de francs. Le deuxième domaine d'expansion le plus important est celui de la tuyauterie: il s'agit ici, à part la globalisation, d'atteindre la taille critique, comme par exemple dans le domaine de l'approvisionnement en gaz et en eau, et aussi dans celui de la technique domestique.

Pour Georg Fischer, les perspectives pour l'année en cours restent bonnes. Dans la technique automobile, l'état des commandes promet une bonne activité commerciale jusqu'à la fin de l'automne. Georg Fischer est, sous sa forme actuelle, une entreprise ciblée avec des fortes positions sur le marché et des possibilités de croissance considérables. Le domaine des sous-traitants automobiles peut profiter avant tout d'une tendance permanente vers l'outsourcing et la globalisation. La sensibilité conjoncturelle de l'industrie automobile n'agit plus que de façon limitée. D'un côté, les constructeurs automobiles produisent un grand nombre de modèles, ce qui réduit la dépendance à des événements uniques, et de l'autre côté, le groupe est beaucoup plus équilibré dans l'ensemble.

Finalement, en termes d'évaluation, le niveau de l'action Georg Fischer ne reflète pas la perspective de gains plus élevés, ni les possibilités d'expansion attractives. Au niveau actuel, le titre possède certainement un potentiel de hausse d'environ 20%.

*Analyste financier, Darier Hentsch & Cie, Genève.