Pour la Bourse suisse, les semaines et les mois se suivent et, malheureusement, se ressemblent. Aux alentours de 7250 points, l'indice SMI se situe en effet à son niveau d'octobre 1998. Depuis, les taux d'intérêt ont toutefois pris l'ascenseur pour s'apprécier de plus de 100 points de base. Les valeurs financières (banques et assurances) figurent au 1er rang des victimes de cette surchauffe puisqu'elles représentent environ le tiers de la capitalisation de l'indice.

Parmi les titres qui suscitent le plus d'interrogations en raison de leurs piètres performances, on note la présence de Zurich Allied (CHF 800, soit –12% depuis le début de l'année). Cette société dispose pourtant d'une évaluation très attrayante assortie de résultats dont la croissance prévue (plus de 15% pour les prochaines années) est alléchante. Dans les milieux financiers, l'arbitrage entre l'action cotée en Suisse et celle cotée en Angleterre est l'explication la plus souvent avancée pour justifier cette sous-performance, après celle des taux d'intérêt. Ce procédé (l'arbitrage) permet aux investisseurs de bénéficier d'un écart de prix entre les actions d'une même société cotée sur deux places financières et dans des monnaies distinctes.

Si cette explication a le mérite d'exister, elle est loin d'être sans défaut. En effet, les autres valeurs financières souffrent également de performances médiocres (entre – 6% et – 13%) – sans pour autant s'appeler UBS Allied, Credit Suisse Allied ou Réassurances Allied – ce qui limite les opérations d'arbitrage. Alors voilà, faute de grives, on mange des merles. Autrement dit, il faudra continuer à se contenter de l'explication la plus plausible, même si l'originalité n'est pas son fort: la hausse des taux d'intérêt.

*Union Bancaire Privée.