Après avoir franchi la barre symbolique des 8000 points lundi dernier, le marché suisse semblait enfin décidé à sortir de la torpeur qui l'enveloppait depuis le début de l'année. De plus, SAirGroup retrouvait la faveur des investisseurs, laissant entrevoir un désinvestissement en France suite à la démission de Paul Reutlinger ainsi qu'un rapprochement avec Oneworld. La deuxième semaine de publication s'annonçait donc sous les meilleurs auspices. Et pourtant ces débuts prometteurs n'auront pas suffi, le marché ayant finalement été freiné dans son élan par des résultats plutôt décevants dans leur majorité.

Les cycliques auraient pu profiter de la situation actuelle pour attirer les investisseurs, mais n'ont pas été au rendez-vous. Ainsi, Feintool, Phoenix Mecano et Rieter n'ont pas réussi à surprendre, et ont publié des résultats conformes aux attentes. Quant aux valeurs de croissance, elles ont également déçu. Swisslog annonçait mercredi dernier un chiffre d'affaires inférieur au consensus, imputable à un retard dans le carnet de commandes. Le même jour, Nextrom justifiait ses pertes par des problèmes au sein de sa filiale canadienne, et Unilabs, palme de la meilleure performance l'année dernière (+250%), chutait de 5,5% après avoir annoncé que les objectifs 2001 ne seraient pas atteints suite à un retard dans un contrat avec un hôpital espagnol.

Dans ce contexte, l'Investors' Day de SwissRe est passé quasiment inaperçu. En revanche, Zurich Financial Services a déclenché une véritable tempête jeudi dernier en publiant un «profit warning». Le titre a essuyé une perte de 7,8% et s'est accaparé un quart du volume journalier. Alors que les bénéfices ajustés de la société seront légèrement inférieurs à ceux de l'an dernier (on attendait une croissance comprise entre 10% et 15%), les bénéfices publiés s'inscriront en baisse de 30%. Ce repli est dû à des charges imprévues pour un total d'environ USD 400 mn. En effet, si les coûts liés à la réunification de l'action et l'impact du dollar étaient escomptés, les pertes découlant de contrats de réassurance à Londres et le renforcement des réserves US dans la réassurance ont été mal accueillis.